Dans le JdesPsys ** de ce mois, un article de H.Garner-Moyer s’intitule:
“Le poids de l’apparence physique dans la décision d’embauche”.
C’est un bon digest de ce qu’on sait déjà, je vais donc vous faire un résumé des propos de Mme Garner-Moyer, car 100 fois sur le métier...Qqes phrases entre crochets quand je veux râler tout de suite là maintenant.
------------------
Les caractéristiques les plus accessibles aux autres d’un individu lambda sont l’apparence physique et l’identité sexuelle.
Le concept d’interaction de Goffman permet de comprendre l’influence de l’apparence physique dans les relations sociales, puisque tout peut y être considéré sous l’angle du corporel:
“l’acteur social, impliqué dans une multitude de situations sociales, utilise son corps et ses apparences en fonction des définitions qu’il donne à ces situations et développe des stratégies adéquates.”
D.Picard prolonge Goffman en estimant que “les interactions sont soumises à un code normatif, à un ensemble de règles culturelles où le corps (et ses apparences) prend valeur de signifiant. Les apparences corporelles en situation d’interaction fournissent en effet, une sommes d’informations sociales sur les acteurs sociaux parce qu’elles résument partiellement ou complètement l’identité sociale de ceux-ci”.
La première recherche sur le poids de l’apparence dans la décision d’embauche date de 1958 (B.M.Springbett).
S’en sont suivies des analyses sur les avantages d‘un physique séduisant dans le milieu professionnel, notamment par des chercheurs anglo-saxons dans les 70’s (la psychosocio entre dans le champ de la gestion du personnel).
La psycho socio a continué à explorer cette question dans les 80’s et, dans le milieu des 90’s s’y sont mis les économistes: lien entre beauté et productivité, et beauté et rémunération (D.Hamermesh et J.Biddle).
[alors ... la définition de la beauté?on peut s'écharper longtemps, mettons qu'il s'agit des standards en cours]
Justement, les économistes ont tardé à se pencher sur cette pbmatique, en raison d’une fiction d’un homo economicus rendant délicate l’intégration des caractéristiques individuelles dans les modèles économiques.
Or les théories de la discrimination proposent des grilles d’analyse applicables à l’apparence, à l’instar du genre ou de l’âge.
Elles sont fondées sur l’idée que l’employeur va chercher à diminuer l’incertitude des infos du marché du travail via des signaux informationnels indirects qui révèleraient des données sur la personnalité et les qualités intrinsèques d’un individu.
“D’après ces recherches, l’apparence physique d’un individu, et plus précisément sa plus ou moins grande beauté, va influencer sa trajectoire professionnelle: son insertion comme son évolution professionnelle ne sont pas indépendantes de son degré de beauté.”.
Le stéréotype ‘ce qui est beau et bon’ altère notre jugement :
”les mécanismes d’attribution et d’attente conduisent à porter un jugement globalement positif et indulgent sur la personnalité et les comportements des individus beaux, ce qui confère à ces individus un statut social particulier.Ils sont jugés comme détenteurs de plus de qualités sociales, relationnelles (charisme, capacités de communication, force de persuasion...), mais aussi intellectuelles que les autres (...)”
Mais attention:
“ Ce n’est pas directement l’aspect extérieur de la personne séduisante qui provoque cet effet, mais les attributs positifs associés à son apparence.”
Càd: c’est socialement construit. Pour mémoire:
"Des psychosociologues américains (Eggly et all 1991) ont montré que la culture US associe systématiquement la beauté à des qualités positives (sociabilité et popularité, notamment à l’égard du sexe opposé) et la laideur à des caractéristiques individuelles négatives."
Confer les héros de ciné, de tv ou de pub.
A.Down et C Harrisson 1985 ont analysé le contenu verbal des messages pubs tv:
“les assertions exaltant les avantages d’un physique attractif sont extrêmement répandues et contribuent à façonner les représentations des téléspectateurs, notamment des enfants.Il convient néanmoins de souligner que la culture populaire juge polairement la beauté; le stéréotype ‘what is beautiful is good’ contient un revers: les individus séduisants sont par fois perçus comme ayant d’avantage d’inclination à la vanité et à l’égoïsme.”
Au sujet de la sphère professionnelle.
“Les jugements des employeurs peuvent se fonder sur 2 types de signaux non verbaux:
des signaux statiques (par le biais de la photo accompagnant le cv)
et des signaux dynamiques comme le regard, les attitudes, le ton de la voix (au cours de l’entretien).
Nous pouvons donc distinguer 2 temps de l’analyse de l’impact de l’apparence: avant l’entretien, où les stéréotypes et les a priori vont se fonder sur la photo, et pendant l’entretien, au cours duquel se dégage la 1ère impression sur l’individu, concentré de jugements a priori et en cours de formation sur l’individu à partir de son apparence extérieure.”
L’apparence dans le filtrage des cv
En laissant de côté les candidatures par cooptation, où le niveau d’information sur le candidat est plus élevé et considéré comme fiable, lors de recrutements concurrentiels (cad avec grand nombre de postulant-e-s) le recours à la photo pour apprécier les qualités intrinsèques de l’individu est un critère de sélection au même titre que le diplôme ou l’expérience dans le métier.
(exemples extrêmes: sites de candidat-e-s à des stages, où il faut cliquer sur une photo pour être informé sur le-la candidat-e)
Au niveau cognitif, l’apparence physique constitue un stimulus non négligeable dans le tri des cv:
“à un type d’apparence vont correspondre des attentes spécifiques et réciproquement.”
Les réponses au signal de l’apparence sont d’autant plus nettes et profondément ancrées qu’elles sont automatiques: plus l’évaluateur est pressé ou stressé, plus ce processus de réponse sera activé et les biais en faveur des plus séduisants apparaîtront.
D’après Baudoin,Tiberghien 2004, "les caractérisiiques matures du visages (saillance des pommettes, pilosité) seraient les plus fortement associées aux dimensions de compétences et de qualifications."
[j’aurais dit masculines plutôt que mature, mais j'ai l'esprit mal tourné sûrement]
La première impression
Les préjugés inférés sur le candidat lors de la vision de la photo du cv vont sans doute influencer les impressions de l’entretien : “le stéréotype est, dès lors, susceptible d’entraîner un phénomène de «confirmation perceptuelle»:«l’impression que le recruteur se forme du candidat tend à se conformer aux attentes que le recruteur détient à propos du candidat»” (O.Klein, S.Pohl 2007).
On sait que pour certains consultants et chasseurs de têtes, le jugement sur l’apparence peut être tout à fait conscient et faire l’objet d’une notation: la “valeur personnelle” du candidat, qui complète la “valeur professionnelle”, est fortement corrélée avec la présentation du candidat:
des considérations esthétiques, de caractéristiques physiques, d’atouts corporels du côté de la culture physique (sport), de façons de se présenter forment l’opinion sur la personne elle-même.
“Il apparaît que«le jugement moral et esthétique complète donc le jugement sur les capacités managériales et sur l'excellence professionnelle.» (Gautié,Godechot,Sorignet)"
Instrumentalisation de l’apparence
On sait que les entreprises instrumentalisent la variable ‘apparence physique' à des fins de promotion de leurs produits ou de leur image.
Avoir le ‘physique de l’emploi”, une fois l’évaluation première passée, peut aussi correspondre plus ou moins bien à l’image de marque de l’entreprise.
Il faut distinguer l’apparence-vitrine, image de l’entreprise, à usage instrumental (remporter l’adhésion d’un public)
et l’apparence symbolique, représentative du poste occupé, à usage symbolique (l’apparence est alors la représentation du respect dû à ces interlocuteurs, du sérieux de la fonction et des responsabilités attachées).
Quels canaux pour cet impact de l’apparence sur la décision d’embauche.
- Un 1er courant de recherche propose que “l’apparence n’influence la décision d’embauche que lorsque beauté et séduction constituent un critère central du poste à pourvoir.”
- Un autre courant “suggère qu’un apparence séduisante influe positivement la décision d’embauche lorsqu’elle est précisément et positivement reliée à un stéréotype de la fonction à pourvoir. Ce courant s’appuie sur la théorie de la personnalité implicite (...).
Plolinko et Popovich 2001 posent une hypothèse centrale pour comprendre cette influence: les biais liés à l’apparence physique sont fonction de la correspondance perçue entre les compétences sociales requises pour un poste et celles attribuées à un candidat.”
Pour des postes à hautes compétences sociales, les candidats séduisants seront préférés, car, dans la théorie de la personnalité implicite, de meilleurs compétences relationnelles leurs sont attribuées d’emblée.
Les compétences requises par les postes peuvent varier selon l’exposition ou non au public et la façon dont les recruteurs vont en faire un critère au regard de l’image qu’eux ont de ce poste (ex: une réceptionniste téléphonique pourrait avoir un physique indifférent, mais les recruteurs reste attachés aux stéréotypes de séduction dans les critères d’embauche).
Cet effet joue notamment dans les fonctions de commercial: plus on est beau, plus on aurait des compétences relationnelles élevées et plus on vendrait.
”Plus finement, la dimension séduction de l’individu peut avoir un impact plus ou moins fort en fonction de l’expérience professionnelle de celui-ci; ainsi, une femme expérimentée bénéficiera moins de cette prime à la beauté, ses compétences professionnelles seront privilégiées, tandis que, dans le cas d’une femme néophyte, l’apparence jouera davantage comme élément subjectif susceptible d’influencer le jugement de l’acheteur.”
D’ailleurs des études ont montré que le client est influencé dans sa décision d’achat par l’apparence du vendeur; “le mécanisme des prophéties autoréalisatrices semble donc effectif dans le cas des métiers de la vente avec contact en face-à-face avec la clientèle."
Mais pour certains postes, ces stéréotypes fonctionnels peuvent être désavantageux (Snyder, Berscheid et Matwychuk 1988)
Exemple: un libraire verrait sa séduction être un inconvénient.
Là, le même processus de stéréotype est à l’œuvre: la beauté, pour certains métiers/fonctions, est une marque de légèreté, de futilité, de manque de profondeur....elle est décrédibilisante.
- Un dernier courant s’inscrit dans la lignée des stéréotypes sexuels :
” une apparence séduisante est un atout seulement si le poste est considéré comme approprié avec le sexe du candidat.
Ainsi les femmes séduisantes sont moins embauchées pour des postes de management que les autres, car des compétences managériales plus élevées sont d’emblée attribuées aux hommes.”
De Bossecher, Desrumeaux-Zagrodnicki 2002 “concluent que l’impact de la beauté varie selon le niveau hiérarchique:
pour un poste subalterne, le candidat attirant est préféré,
mais pour un poste élevé, la beauté favorise les hommes et défavorise les femmes.
Selon [ces recherches], le prototype masculin associé à ce type de poste semble être incompatible avec la beauté féminine (...) le poste de manager requiert des capacités jugées masculines,(..) et la beauté des femmes semble être un rappel de leur appartenance au sexe féminin. ou encore synonyme de légèreté et futilité.
La difficulté ici est de distinguer ce qui relève du fait d’être une femme de ce qui relève du fait d’être séduisante.”[oui, là c'est moi qui souligne]
Rosen et Jerdee 1974 ont expérimenté ces hypothèses et indépendamment de l’apparence physique, “aboutissent à la conclusion que pour des postes de directions, les hommes sont préférés aux femmes à qualifications équivalentes.”
Rappel, 30 ans plus tard: les femmes forment 45% de la population active mais 17% des postes de dirigeants, dont 13,4% dans la fonction publique (Smée, Novethic, 2005).
Cash Gillen & Burns 1977 ont mesuré de l’effet combiné du sexe et de l’apparence physique: ils distinguent l’influence de l’apparence en fonction de 3 types de postes jugés masculins, féminins ou neutres [heu.... ça pose certes un pbme de définition desdits postes...].
“Ils concluent que l’apparence physique influence les décisions de recrutement en avantageant les candidats séduisants à condition qu’ils postulent à des postes en adéquation avec leur sexe. Pour les postes neutres, les candidats séduisants sont toujours préférés, qqe soit leur sexe.”
Ils supposent que l’impact de l’apparence physique pourrait s’intensifier pour des postes élevés.”(...) être une femmes n’est pas en soi défavorable pour obtenir un poste de manager mais être une femme séduisante revendiquant une apparence féminine l’est assurément.”
Bref: être séduisant est un avantage si l'on respecte les stéréotypes sexuels en vigueur dans le milieu professionnel.
Conclusion:
On peut donc parler d’impact réel de l’apparence physique au moment du recrutement.
En ce qui concerne la poursuite de la carrière, l’influence devrait être moindre, puisque l’employeur dispose de plus d’infomartion sur son employé-e, et cependant,"des différences de promotions et salaires ont été constatées au profit des salariés séduisants dans des études récences (Garner-Moyer 2007). Les mécanismes d’attente et prophéties autoréalisatrices sont susceptibles d'expliquer celles-ci.".
Mais prouver cet impact durant la vie professionelle est plus difficile que lors du recrutement, conclut l’auteure.
------------------
Bien: rien de nouveau sous le soleil, donc.
Je ne vais pas trop en rajouter, car, c'est déjà long, mais:
L’en -ête de l’article nous dit:
“Cette étude s’attache essentiellement à élucider les mécanismes psychosociaux par lequel s’opère cette influence.”
C’est sûr que dans un article on ne va pas forcément développer sur les aspects historiques d'une culture, les rapports sociaux de genre, ou sur l’âgisme en cours, mais, tel quel, il m’a laissée sur ma faim.
Edit: rectif , voir comm n°2
A vrai dire, sauf les noms/dates des expés citées (je ne retiens jamais les réfs, ouh la honte) j’avais eu qqes infos là dessus, et en cours de psycho sociale et en psydiff, et nous en étions arrivés à nous dire que finalement, puisque tous ces effets étudiés sont socialement construits, il faudrait se pencher sur ce qui est en amont.
Par ex, comme cité plus haut: “les assertions exaltant les avantages d’un physique attratif sont extrêmement répandues et contribuent à façonner les représentations des téléspectateurs, notamment des enfants”...
Ok ce qui est utlisé, diffusé et prôné découle de ce qui (pré)éexiste, sinon films et pub ne s’appuieraient pas dessus, mais ça devient un amont pour les générations qui l'absorbent à défaut de toute autre connaissance aussi massivement ingérée sur autrui.
Alors?
Au fil des cultures et des époques, les canons de beauté, cad les attributions que nous faisons à chaque caractéristique physique ou à leur agencement, changent.
Pour ne parler que de l’occident, “nous” donc, l’iconographie dont nous sommes quotidiennement bombardé-e-s imprègne nos façons de voir les autres et de leur attribuer telle et telle qualité personnelle, cette iconographie est prégnante dans notre culture depuis qqes décennies, ce qui était moins le cas aux époques précédentes: comment pourra t-on modifier ces critères d’attributions, puisque déjà il est extrêmement difficile de donner à voir à nos imaginaires des physiques non standards (films, tv pub papier ou pas...)
Les *vraies * gens ne nous font pas rêver, majoritairement, et je ne parle de façon globale, pas simplement de séduction sexuelle; et même, nous avons désappris à porter sur le quelconque des jugements positifs.
Il doit bien être possible de le réapprendre sans que ce soit un effort de volonté personnelle allant à contre courant..
En attendant.. pour trouver un job...
Qes définitions au cas où:
Attribution
Inférence ayant pour objectif d’expliquer un événement ou de déterminer les dispositions d’une personne.Elle correspond à « une cause » perçue qui peut être erronée.
La question des attributions rejoint celle des images sociales de la personne :
Dans le contexte professionnel, décrire un métier, c'est décrire les qualités de celui qui l'exerce. Nous avons des théories implicites sur la personnalité des gens, attribuées en fonction de leur profession ( un comptable est rigoureux, un vendeur est extraverti…).
Représentation sociale
Une forme de connaissance sociale, la pensée du sens commun , socialement élaborée et partagée par les membres d'un même ensemble social ou culturel .
C'est une manière de penser, de s'approprier, d'interpréter notre réalité quotidienne et notre rapport au monde, de prendre des positions dans un ensemble de rapports sociaux et d’ordres symboliques.
Stéréotype
Ensemble des croyances concernant les caractéristiques que partage un groupe de gens.
Ce sont des théories implicites de la personnalité que partagent l’ensemble des membres d’un groupe à propos de l’ensemble d’un autre groupe ou du sien propre.
Les stéréotypes peuvent ainsi être envisagés comme étant liés à un processus de catégorisation, c’est à dire d’une classification ou découpage simplifié de l’environnement en termes de catégories.
Théories implicites de personnalités:
A partir de quelques indices, on peut se faire une idée générale de la personne, et pour Bruner et Tagiuri 1954, si nous donnons une certaine cohérence aux observations et aux informations qu’on a pu avoir d’une personne, c’est que nous avons des connaissances préalables sur la personnalité d’autrui et c’est ce qu’on appelle les TIP.
TIP:Théories naïves (pas vraiment explicables par le sujet, émanant du groupe social dont il est issu, et pas forcément insconscientes) que chaque individu a de la personnalité et qui rendent compte du fait que les gens considèrent que certains traits de personnalité vont généralement ensemble et d’autres non, ils vont donc introduire des cohérences dans la description d’autrui. Croyance générale à propos de la fréquence d’un trait, à propos de sa variabilité et de sa liaison avec d’autres traits.
“Le poids de l’apparence physique dans la décision d’embauche”.
C’est un bon digest de ce qu’on sait déjà, je vais donc vous faire un résumé des propos de Mme Garner-Moyer, car 100 fois sur le métier...Qqes phrases entre crochets quand je veux râler tout de suite là maintenant.
------------------
Les caractéristiques les plus accessibles aux autres d’un individu lambda sont l’apparence physique et l’identité sexuelle.
Le concept d’interaction de Goffman permet de comprendre l’influence de l’apparence physique dans les relations sociales, puisque tout peut y être considéré sous l’angle du corporel:
“l’acteur social, impliqué dans une multitude de situations sociales, utilise son corps et ses apparences en fonction des définitions qu’il donne à ces situations et développe des stratégies adéquates.”
D.Picard prolonge Goffman en estimant que “les interactions sont soumises à un code normatif, à un ensemble de règles culturelles où le corps (et ses apparences) prend valeur de signifiant. Les apparences corporelles en situation d’interaction fournissent en effet, une sommes d’informations sociales sur les acteurs sociaux parce qu’elles résument partiellement ou complètement l’identité sociale de ceux-ci”.
La première recherche sur le poids de l’apparence dans la décision d’embauche date de 1958 (B.M.Springbett).
S’en sont suivies des analyses sur les avantages d‘un physique séduisant dans le milieu professionnel, notamment par des chercheurs anglo-saxons dans les 70’s (la psychosocio entre dans le champ de la gestion du personnel).
La psycho socio a continué à explorer cette question dans les 80’s et, dans le milieu des 90’s s’y sont mis les économistes: lien entre beauté et productivité, et beauté et rémunération (D.Hamermesh et J.Biddle).
[alors ... la définition de la beauté?on peut s'écharper longtemps, mettons qu'il s'agit des standards en cours]
Justement, les économistes ont tardé à se pencher sur cette pbmatique, en raison d’une fiction d’un homo economicus rendant délicate l’intégration des caractéristiques individuelles dans les modèles économiques.
Or les théories de la discrimination proposent des grilles d’analyse applicables à l’apparence, à l’instar du genre ou de l’âge.
Elles sont fondées sur l’idée que l’employeur va chercher à diminuer l’incertitude des infos du marché du travail via des signaux informationnels indirects qui révèleraient des données sur la personnalité et les qualités intrinsèques d’un individu.
“D’après ces recherches, l’apparence physique d’un individu, et plus précisément sa plus ou moins grande beauté, va influencer sa trajectoire professionnelle: son insertion comme son évolution professionnelle ne sont pas indépendantes de son degré de beauté.”.
Le stéréotype ‘ce qui est beau et bon’ altère notre jugement :
”les mécanismes d’attribution et d’attente conduisent à porter un jugement globalement positif et indulgent sur la personnalité et les comportements des individus beaux, ce qui confère à ces individus un statut social particulier.Ils sont jugés comme détenteurs de plus de qualités sociales, relationnelles (charisme, capacités de communication, force de persuasion...), mais aussi intellectuelles que les autres (...)”
Mais attention:
“ Ce n’est pas directement l’aspect extérieur de la personne séduisante qui provoque cet effet, mais les attributs positifs associés à son apparence.”
Càd: c’est socialement construit. Pour mémoire:
"Des psychosociologues américains (Eggly et all 1991) ont montré que la culture US associe systématiquement la beauté à des qualités positives (sociabilité et popularité, notamment à l’égard du sexe opposé) et la laideur à des caractéristiques individuelles négatives."
Confer les héros de ciné, de tv ou de pub.
A.Down et C Harrisson 1985 ont analysé le contenu verbal des messages pubs tv:
“les assertions exaltant les avantages d’un physique attractif sont extrêmement répandues et contribuent à façonner les représentations des téléspectateurs, notamment des enfants.Il convient néanmoins de souligner que la culture populaire juge polairement la beauté; le stéréotype ‘what is beautiful is good’ contient un revers: les individus séduisants sont par fois perçus comme ayant d’avantage d’inclination à la vanité et à l’égoïsme.”
Au sujet de la sphère professionnelle.
“Les jugements des employeurs peuvent se fonder sur 2 types de signaux non verbaux:
des signaux statiques (par le biais de la photo accompagnant le cv)
et des signaux dynamiques comme le regard, les attitudes, le ton de la voix (au cours de l’entretien).
Nous pouvons donc distinguer 2 temps de l’analyse de l’impact de l’apparence: avant l’entretien, où les stéréotypes et les a priori vont se fonder sur la photo, et pendant l’entretien, au cours duquel se dégage la 1ère impression sur l’individu, concentré de jugements a priori et en cours de formation sur l’individu à partir de son apparence extérieure.”
L’apparence dans le filtrage des cv
En laissant de côté les candidatures par cooptation, où le niveau d’information sur le candidat est plus élevé et considéré comme fiable, lors de recrutements concurrentiels (cad avec grand nombre de postulant-e-s) le recours à la photo pour apprécier les qualités intrinsèques de l’individu est un critère de sélection au même titre que le diplôme ou l’expérience dans le métier.
(exemples extrêmes: sites de candidat-e-s à des stages, où il faut cliquer sur une photo pour être informé sur le-la candidat-e)
Au niveau cognitif, l’apparence physique constitue un stimulus non négligeable dans le tri des cv:
“à un type d’apparence vont correspondre des attentes spécifiques et réciproquement.”
Les réponses au signal de l’apparence sont d’autant plus nettes et profondément ancrées qu’elles sont automatiques: plus l’évaluateur est pressé ou stressé, plus ce processus de réponse sera activé et les biais en faveur des plus séduisants apparaîtront.
D’après Baudoin,Tiberghien 2004, "les caractérisiiques matures du visages (saillance des pommettes, pilosité) seraient les plus fortement associées aux dimensions de compétences et de qualifications."
[j’aurais dit masculines plutôt que mature, mais j'ai l'esprit mal tourné sûrement]
La première impression
Les préjugés inférés sur le candidat lors de la vision de la photo du cv vont sans doute influencer les impressions de l’entretien : “le stéréotype est, dès lors, susceptible d’entraîner un phénomène de «confirmation perceptuelle»:«l’impression que le recruteur se forme du candidat tend à se conformer aux attentes que le recruteur détient à propos du candidat»” (O.Klein, S.Pohl 2007).
On sait que pour certains consultants et chasseurs de têtes, le jugement sur l’apparence peut être tout à fait conscient et faire l’objet d’une notation: la “valeur personnelle” du candidat, qui complète la “valeur professionnelle”, est fortement corrélée avec la présentation du candidat:
des considérations esthétiques, de caractéristiques physiques, d’atouts corporels du côté de la culture physique (sport), de façons de se présenter forment l’opinion sur la personne elle-même.
“Il apparaît que«le jugement moral et esthétique complète donc le jugement sur les capacités managériales et sur l'excellence professionnelle.» (Gautié,Godechot,Sorignet)"
Instrumentalisation de l’apparence
On sait que les entreprises instrumentalisent la variable ‘apparence physique' à des fins de promotion de leurs produits ou de leur image.
Avoir le ‘physique de l’emploi”, une fois l’évaluation première passée, peut aussi correspondre plus ou moins bien à l’image de marque de l’entreprise.
Il faut distinguer l’apparence-vitrine, image de l’entreprise, à usage instrumental (remporter l’adhésion d’un public)
et l’apparence symbolique, représentative du poste occupé, à usage symbolique (l’apparence est alors la représentation du respect dû à ces interlocuteurs, du sérieux de la fonction et des responsabilités attachées).
Quels canaux pour cet impact de l’apparence sur la décision d’embauche.
- Un 1er courant de recherche propose que “l’apparence n’influence la décision d’embauche que lorsque beauté et séduction constituent un critère central du poste à pourvoir.”
- Un autre courant “suggère qu’un apparence séduisante influe positivement la décision d’embauche lorsqu’elle est précisément et positivement reliée à un stéréotype de la fonction à pourvoir. Ce courant s’appuie sur la théorie de la personnalité implicite (...).
Plolinko et Popovich 2001 posent une hypothèse centrale pour comprendre cette influence: les biais liés à l’apparence physique sont fonction de la correspondance perçue entre les compétences sociales requises pour un poste et celles attribuées à un candidat.”
Pour des postes à hautes compétences sociales, les candidats séduisants seront préférés, car, dans la théorie de la personnalité implicite, de meilleurs compétences relationnelles leurs sont attribuées d’emblée.
Les compétences requises par les postes peuvent varier selon l’exposition ou non au public et la façon dont les recruteurs vont en faire un critère au regard de l’image qu’eux ont de ce poste (ex: une réceptionniste téléphonique pourrait avoir un physique indifférent, mais les recruteurs reste attachés aux stéréotypes de séduction dans les critères d’embauche).
Cet effet joue notamment dans les fonctions de commercial: plus on est beau, plus on aurait des compétences relationnelles élevées et plus on vendrait.
”Plus finement, la dimension séduction de l’individu peut avoir un impact plus ou moins fort en fonction de l’expérience professionnelle de celui-ci; ainsi, une femme expérimentée bénéficiera moins de cette prime à la beauté, ses compétences professionnelles seront privilégiées, tandis que, dans le cas d’une femme néophyte, l’apparence jouera davantage comme élément subjectif susceptible d’influencer le jugement de l’acheteur.”
D’ailleurs des études ont montré que le client est influencé dans sa décision d’achat par l’apparence du vendeur; “le mécanisme des prophéties autoréalisatrices semble donc effectif dans le cas des métiers de la vente avec contact en face-à-face avec la clientèle."
Mais pour certains postes, ces stéréotypes fonctionnels peuvent être désavantageux (Snyder, Berscheid et Matwychuk 1988)
Exemple: un libraire verrait sa séduction être un inconvénient.
Là, le même processus de stéréotype est à l’œuvre: la beauté, pour certains métiers/fonctions, est une marque de légèreté, de futilité, de manque de profondeur....elle est décrédibilisante.
- Un dernier courant s’inscrit dans la lignée des stéréotypes sexuels :
” une apparence séduisante est un atout seulement si le poste est considéré comme approprié avec le sexe du candidat.
Ainsi les femmes séduisantes sont moins embauchées pour des postes de management que les autres, car des compétences managériales plus élevées sont d’emblée attribuées aux hommes.”
De Bossecher, Desrumeaux-Zagrodnicki 2002 “concluent que l’impact de la beauté varie selon le niveau hiérarchique:
pour un poste subalterne, le candidat attirant est préféré,
mais pour un poste élevé, la beauté favorise les hommes et défavorise les femmes.
Selon [ces recherches], le prototype masculin associé à ce type de poste semble être incompatible avec la beauté féminine (...) le poste de manager requiert des capacités jugées masculines,(..) et la beauté des femmes semble être un rappel de leur appartenance au sexe féminin. ou encore synonyme de légèreté et futilité.
La difficulté ici est de distinguer ce qui relève du fait d’être une femme de ce qui relève du fait d’être séduisante.”[oui, là c'est moi qui souligne]
Rosen et Jerdee 1974 ont expérimenté ces hypothèses et indépendamment de l’apparence physique, “aboutissent à la conclusion que pour des postes de directions, les hommes sont préférés aux femmes à qualifications équivalentes.”
Rappel, 30 ans plus tard: les femmes forment 45% de la population active mais 17% des postes de dirigeants, dont 13,4% dans la fonction publique (Smée, Novethic, 2005).
Cash Gillen & Burns 1977 ont mesuré de l’effet combiné du sexe et de l’apparence physique: ils distinguent l’influence de l’apparence en fonction de 3 types de postes jugés masculins, féminins ou neutres [heu.... ça pose certes un pbme de définition desdits postes...].
“Ils concluent que l’apparence physique influence les décisions de recrutement en avantageant les candidats séduisants à condition qu’ils postulent à des postes en adéquation avec leur sexe. Pour les postes neutres, les candidats séduisants sont toujours préférés, qqe soit leur sexe.”
Ils supposent que l’impact de l’apparence physique pourrait s’intensifier pour des postes élevés.”(...) être une femmes n’est pas en soi défavorable pour obtenir un poste de manager mais être une femme séduisante revendiquant une apparence féminine l’est assurément.”
Bref: être séduisant est un avantage si l'on respecte les stéréotypes sexuels en vigueur dans le milieu professionnel.
Conclusion:
On peut donc parler d’impact réel de l’apparence physique au moment du recrutement.
En ce qui concerne la poursuite de la carrière, l’influence devrait être moindre, puisque l’employeur dispose de plus d’infomartion sur son employé-e, et cependant,"des différences de promotions et salaires ont été constatées au profit des salariés séduisants dans des études récences (Garner-Moyer 2007). Les mécanismes d’attente et prophéties autoréalisatrices sont susceptibles d'expliquer celles-ci.".
Mais prouver cet impact durant la vie professionelle est plus difficile que lors du recrutement, conclut l’auteure.
------------------
Bien: rien de nouveau sous le soleil, donc.
Je ne vais pas trop en rajouter, car, c'est déjà long, mais:
L’en -ête de l’article nous dit:
“Cette étude s’attache essentiellement à élucider les mécanismes psychosociaux par lequel s’opère cette influence.”
C’est sûr que dans un article on ne va pas forcément développer sur les aspects historiques d'une culture, les rapports sociaux de genre, ou sur l’âgisme en cours, mais, tel quel, il m’a laissée sur ma faim.
Edit: rectif , voir comm n°2
A vrai dire, sauf les noms/dates des expés citées (je ne retiens jamais les réfs, ouh la honte) j’avais eu qqes infos là dessus, et en cours de psycho sociale et en psydiff, et nous en étions arrivés à nous dire que finalement, puisque tous ces effets étudiés sont socialement construits, il faudrait se pencher sur ce qui est en amont.
Par ex, comme cité plus haut: “les assertions exaltant les avantages d’un physique attratif sont extrêmement répandues et contribuent à façonner les représentations des téléspectateurs, notamment des enfants”...
Ok ce qui est utlisé, diffusé et prôné découle de ce qui (pré)éexiste, sinon films et pub ne s’appuieraient pas dessus, mais ça devient un amont pour les générations qui l'absorbent à défaut de toute autre connaissance aussi massivement ingérée sur autrui.
Alors?
Au fil des cultures et des époques, les canons de beauté, cad les attributions que nous faisons à chaque caractéristique physique ou à leur agencement, changent.
Pour ne parler que de l’occident, “nous” donc, l’iconographie dont nous sommes quotidiennement bombardé-e-s imprègne nos façons de voir les autres et de leur attribuer telle et telle qualité personnelle, cette iconographie est prégnante dans notre culture depuis qqes décennies, ce qui était moins le cas aux époques précédentes: comment pourra t-on modifier ces critères d’attributions, puisque déjà il est extrêmement difficile de donner à voir à nos imaginaires des physiques non standards (films, tv pub papier ou pas...)
Les *vraies * gens ne nous font pas rêver, majoritairement, et je ne parle de façon globale, pas simplement de séduction sexuelle; et même, nous avons désappris à porter sur le quelconque des jugements positifs.
Il doit bien être possible de le réapprendre sans que ce soit un effort de volonté personnelle allant à contre courant..
En attendant.. pour trouver un job...
Qes définitions au cas où:
Attribution
Inférence ayant pour objectif d’expliquer un événement ou de déterminer les dispositions d’une personne.Elle correspond à « une cause » perçue qui peut être erronée.
La question des attributions rejoint celle des images sociales de la personne :
Dans le contexte professionnel, décrire un métier, c'est décrire les qualités de celui qui l'exerce. Nous avons des théories implicites sur la personnalité des gens, attribuées en fonction de leur profession ( un comptable est rigoureux, un vendeur est extraverti…).
Représentation sociale
Une forme de connaissance sociale, la pensée du sens commun , socialement élaborée et partagée par les membres d'un même ensemble social ou culturel .
C'est une manière de penser, de s'approprier, d'interpréter notre réalité quotidienne et notre rapport au monde, de prendre des positions dans un ensemble de rapports sociaux et d’ordres symboliques.
Stéréotype
Ensemble des croyances concernant les caractéristiques que partage un groupe de gens.
Ce sont des théories implicites de la personnalité que partagent l’ensemble des membres d’un groupe à propos de l’ensemble d’un autre groupe ou du sien propre.
Les stéréotypes peuvent ainsi être envisagés comme étant liés à un processus de catégorisation, c’est à dire d’une classification ou découpage simplifié de l’environnement en termes de catégories.
Théories implicites de personnalités:
A partir de quelques indices, on peut se faire une idée générale de la personne, et pour Bruner et Tagiuri 1954, si nous donnons une certaine cohérence aux observations et aux informations qu’on a pu avoir d’une personne, c’est que nous avons des connaissances préalables sur la personnalité d’autrui et c’est ce qu’on appelle les TIP.
TIP:Théories naïves (pas vraiment explicables par le sujet, émanant du groupe social dont il est issu, et pas forcément insconscientes) que chaque individu a de la personnalité et qui rendent compte du fait que les gens considèrent que certains traits de personnalité vont généralement ensemble et d’autres non, ils vont donc introduire des cohérences dans la description d’autrui. Croyance générale à propos de la fréquence d’un trait, à propos de sa variabilité et de sa liaison avec d’autres traits.
par Maybe
publié dans :
Page à page
Elle appelle quand elle s'ennuie.
Qu'elle est seule, pour ne pas être entendue de son mari.
Elle appelle pour se plaindre de sa vie.
Des gens.
De son mari.
De sa mère.
Des maladies, drames affectifs et catastrophes qui ne vont pas manquer d'arriver.
Elle appelle parce qu'il ne lui reste que ça ...
Elle a éliminé toute autre relation possible dans sa vie.
Elle appelle d'autant plus depuis que sa mère est morte.
Elle appelle parce qu'elle a besoin de trouver une résonnance à l'autre bout du fil, de trouver qq'un qui fonctionnerait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle parce qu'elle a besoin d'être malmenée, par moi, qui lui rappelle qq'un de malmenant.
Elle appelle pour se plaindre, et pouvoir plaindre qq'un qui serait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle et ne supporte pas que je prenne des nouvelles de son époux, voire que je le prenne au bout du fil.
Elle appelle.
Morbide.
Elle appelle avec des jeux de voix différents selon sa demande , son besoin de me plaire ou de susciter mon intérêt compassionnel:
fausse alacrité, faux dynamisme humoristique, mais plus souvent voix désespérée, haut perchée et tremblotante, que d'aucuns réserves aux vrais drames, voix lasse qu'on pense au bord de la mort, voix véhémentement affolée, qu'on réserve en principe aux accidents. Tellement jouée que je n'ai aucune empathie.
Elle appelle, et parle au répondeur parce que je ne réponds plus.
Je sais que la souffrance, même jouée, est toujours une souffrance, ailleurs.
Mais souffrir est son identité: je n'y peux rien, quoi qu'il se passe, sa jouissance est là, l'en priver serait pire pour elle, c'est affreux à dire.
Elle appelle, et se prend des pelles.
Et elle recommence.
Je l'envoie bouler, souvent, depuis longtemps.
D'autres fois, les jours de patience, j'écoute, je me protège comme je ferais d'un-e patient-e en consultation psy, mais je refuse d'être le support de transfert, or, comme la marée, elle revient, elle revient, elle revient.
Elle 'oublie' qu'elle a appelé peu de jours auparavant.
Elle 'oublie' bcp de choses.
Elle cherche à savoir la vie de l'autre, pour la raconter.
Car elle vit par procuration.
Elle est capable de se mettre dans une chambre du fond pour se plaindre d'un couple d'invités qu'elle a au même moment au salon, dont la femme serait soupçonnée de vouloir marier son époux lorsqu'elle-même sera morte.
Elle appelle 'pour prendre des nouvelles'.
3 jours après elle rappelle. Le répondeur l'écoute.
Lorsque j'écoute le message, pas de chance, le téléphone est frité, je n'entends que son ton.
Catastrophique. Comme il y a eu des pbmes hospitaliers, je rappelle, quand même, le soir à l'heure où je sais son époux présent.
Qui m'explique que finalement, ils viennent de décider de partir le lendemain en tunisie plutôt qu'en espagne.
C'était ça, la catastrophe.
Car elle se plaint de ses voyages, aussi. De sa piscine, de son jardin, de sa maison climatisée..... De tout.
Six jours plus tard, 9 h le matin, un appel, je prends sans regarder le numéro qui s'affiche: je suis pressée, j'ai un rv toubib, si ça se trouve c'est un contre-ordre.
Non c'est elle, de tunisie, pour me raconter que le portable de son mari est tombé à l'eau et qu'ils rentrent le soir même, comme prévu.
Le lendemain, elle appelle pour dire qu'ils sont bien arrivés, que pour le portable, c'est réglé, et qu'elle rappellera (c'est le répondeur qui l'a écoutée).
Des années qu'elle se projette sur moi, qu'elle projette sur moi ses malheurs à elle.
Qu'elle tente de savoir, ou simplement imagine, mes malheurs à moi, pour me plaindre et jouir de cette 'ressemblance'. Qu'elle est dans le mortifère, le morbide, le mortel, le mord tel...
Des années qu'elle me prend pour sa poupée, son boulet, sa copine, son miroir, sa psy, son extension, sa toubib, sa tortionnaire, sa prof, et maintenant, de plus en plus, pour sa mère.
Des années que je lui oppose du silence bourru, de la phrase qui ferme, du mot qui engueule, car au bout de 20mn de ses questions indiscrètes et de plaintes, je considère avoir fait mon devoir d'écoute bi-hebdomadaire.
Qu'elle est seule, pour ne pas être entendue de son mari.
Elle appelle pour se plaindre de sa vie.
Des gens.
De son mari.
De sa mère.
Des maladies, drames affectifs et catastrophes qui ne vont pas manquer d'arriver.
Elle appelle parce qu'il ne lui reste que ça ...
Elle a éliminé toute autre relation possible dans sa vie.
Elle appelle d'autant plus depuis que sa mère est morte.
Elle appelle parce qu'elle a besoin de trouver une résonnance à l'autre bout du fil, de trouver qq'un qui fonctionnerait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle parce qu'elle a besoin d'être malmenée, par moi, qui lui rappelle qq'un de malmenant.
Elle appelle pour se plaindre, et pouvoir plaindre qq'un qui serait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle et ne supporte pas que je prenne des nouvelles de son époux, voire que je le prenne au bout du fil.
Elle appelle.
Morbide.
Elle appelle avec des jeux de voix différents selon sa demande , son besoin de me plaire ou de susciter mon intérêt compassionnel:
fausse alacrité, faux dynamisme humoristique, mais plus souvent voix désespérée, haut perchée et tremblotante, que d'aucuns réserves aux vrais drames, voix lasse qu'on pense au bord de la mort, voix véhémentement affolée, qu'on réserve en principe aux accidents. Tellement jouée que je n'ai aucune empathie.
Elle appelle, et parle au répondeur parce que je ne réponds plus.
Je sais que la souffrance, même jouée, est toujours une souffrance, ailleurs.
Mais souffrir est son identité: je n'y peux rien, quoi qu'il se passe, sa jouissance est là, l'en priver serait pire pour elle, c'est affreux à dire.
Elle appelle, et se prend des pelles.
Et elle recommence.
Je l'envoie bouler, souvent, depuis longtemps.
D'autres fois, les jours de patience, j'écoute, je me protège comme je ferais d'un-e patient-e en consultation psy, mais je refuse d'être le support de transfert, or, comme la marée, elle revient, elle revient, elle revient.
Elle 'oublie' qu'elle a appelé peu de jours auparavant.
Elle 'oublie' bcp de choses.
Elle cherche à savoir la vie de l'autre, pour la raconter.
Car elle vit par procuration.
Elle est capable de se mettre dans une chambre du fond pour se plaindre d'un couple d'invités qu'elle a au même moment au salon, dont la femme serait soupçonnée de vouloir marier son époux lorsqu'elle-même sera morte.
Elle appelle 'pour prendre des nouvelles'.
3 jours après elle rappelle. Le répondeur l'écoute.
Lorsque j'écoute le message, pas de chance, le téléphone est frité, je n'entends que son ton.
Catastrophique. Comme il y a eu des pbmes hospitaliers, je rappelle, quand même, le soir à l'heure où je sais son époux présent.
Qui m'explique que finalement, ils viennent de décider de partir le lendemain en tunisie plutôt qu'en espagne.
C'était ça, la catastrophe.
Car elle se plaint de ses voyages, aussi. De sa piscine, de son jardin, de sa maison climatisée..... De tout.
Six jours plus tard, 9 h le matin, un appel, je prends sans regarder le numéro qui s'affiche: je suis pressée, j'ai un rv toubib, si ça se trouve c'est un contre-ordre.
Non c'est elle, de tunisie, pour me raconter que le portable de son mari est tombé à l'eau et qu'ils rentrent le soir même, comme prévu.
Le lendemain, elle appelle pour dire qu'ils sont bien arrivés, que pour le portable, c'est réglé, et qu'elle rappellera (c'est le répondeur qui l'a écoutée).
Des années qu'elle se projette sur moi, qu'elle projette sur moi ses malheurs à elle.
Qu'elle tente de savoir, ou simplement imagine, mes malheurs à moi, pour me plaindre et jouir de cette 'ressemblance'. Qu'elle est dans le mortifère, le morbide, le mortel, le mord tel...
Des années qu'elle me prend pour sa poupée, son boulet, sa copine, son miroir, sa psy, son extension, sa toubib, sa tortionnaire, sa prof, et maintenant, de plus en plus, pour sa mère.
Des années que je lui oppose du silence bourru, de la phrase qui ferme, du mot qui engueule, car au bout de 20mn de ses questions indiscrètes et de plaintes, je considère avoir fait mon devoir d'écoute bi-hebdomadaire.
par Maybe
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Sous, à, de-venir
'ecole' a eu la patience d'aller fouiner dans les chats avec XD, je me permets d'aiguiller le clic de votre souris sur son blog, histoire que vous sachiez ce qui tombe sur la
tête de vos enfants.
Précisions: 'ecole' n'a pas eu de journée banalisée pour plancher sur les niouprogs, ici oui, 1/2 journée.... enfin, d'après mes collègues il s'agissait de dire amen à ce qui était écrit et déjà prêt à être édité par les manuels.
Mais de toute façon ne croyez pas que les instits puisse donner un avis quelconque qui ait pu être entériné par XD :
s'il a modifié 2 ou 3 trucs, ce n'est pas suite aux énervements de la base, ça vient d'un autre échelon, voire d'un truc plus 'sur le côté' , organisé et ayant du poids .
Je dis ça d'expérience : ayant déjà vu une 'consultation'... vu le résultat, on aurait pris thé-gâteaux en papotant cool pour se donner nos recettes pédagos persos tout l'apreme au lieu de remplir des feuilles, ça aurait été plus utile .
D'ailleurs, je n'ai jamais vu qu'un avis d'instit, y compris par milliers, ait un quelconque effet sur une décision prise d'en haut. Donc inutile de se bouffer de l'énergie pour ça, en fait.
Comme disaient les russes : dieu est trop haut et staline trop loin.
Et là je vais sans doute entendre hurler tou-s-tes celles et ceux qui croient au poids des syndicats.
Dans mon coin le syndicat majoritaire a une position surprenante...la dernière en date était: à quoi bon se battre pour modifier les statuts des, voire se battre contre les, heures supp et leur principe (bcp à dire là dessus) : il y en a que ça arrange.
Ben oui, c'est ainsi qu'on pourra ne jamlais augmenter le salaire de base puis les transformer en heures de service, ces heures supp.. que, comme souvent c'est le cas, des célibataires, plutôt jeunes (le salaire est pas top, ça explique) ou des meks (parce que ce sont les nanas qui gèrent els gamins en général, hé oui, stétréotype pas mort) utilisent.
Quant au 'forum' sur le site .gouv, à part dire "lol" rien à ajouter.
Allez: c'est ici
et puis là.
Bonne suite de viaduc.
Précisions: 'ecole' n'a pas eu de journée banalisée pour plancher sur les niouprogs, ici oui, 1/2 journée.... enfin, d'après mes collègues il s'agissait de dire amen à ce qui était écrit et déjà prêt à être édité par les manuels.
Mais de toute façon ne croyez pas que les instits puisse donner un avis quelconque qui ait pu être entériné par XD :
s'il a modifié 2 ou 3 trucs, ce n'est pas suite aux énervements de la base, ça vient d'un autre échelon, voire d'un truc plus 'sur le côté' , organisé et ayant du poids .
Je dis ça d'expérience : ayant déjà vu une 'consultation'... vu le résultat, on aurait pris thé-gâteaux en papotant cool pour se donner nos recettes pédagos persos tout l'apreme au lieu de remplir des feuilles, ça aurait été plus utile .
D'ailleurs, je n'ai jamais vu qu'un avis d'instit, y compris par milliers, ait un quelconque effet sur une décision prise d'en haut. Donc inutile de se bouffer de l'énergie pour ça, en fait.
Comme disaient les russes : dieu est trop haut et staline trop loin.
Et là je vais sans doute entendre hurler tou-s-tes celles et ceux qui croient au poids des syndicats.
Dans mon coin le syndicat majoritaire a une position surprenante...la dernière en date était: à quoi bon se battre pour modifier les statuts des, voire se battre contre les, heures supp et leur principe (bcp à dire là dessus) : il y en a que ça arrange.
Ben oui, c'est ainsi qu'on pourra ne jamlais augmenter le salaire de base puis les transformer en heures de service, ces heures supp.. que, comme souvent c'est le cas, des célibataires, plutôt jeunes (le salaire est pas top, ça explique) ou des meks (parce que ce sont les nanas qui gèrent els gamins en général, hé oui, stétréotype pas mort) utilisent.
Quant au 'forum' sur le site .gouv, à part dire "lol" rien à ajouter.
Allez: c'est ici
et puis là.
Bonne suite de viaduc.
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Oboulo !
A force de déambuler dans la rue de l'école pour aller en rééduc, ce qui doit arriver me choit dessus: ô heure propice du moment de l'instant des horaires scolaires...difficile d'éviter de
rencontrer des élèves et leurs parents.
J'ai eu du bol jusque là, mais bon.
Cette fois, l'heure est passée de la sortie mais il y a toujours des gens pour trainer devant les écoles, c'est une constante.
Et en l'occurrence cette fois je vois, de loin, Princessedufoyer et Vrillekibrille assises au beau milieu de la chaussée, leurs mères respectives papotant non loin, sur le trottoir.
Le jeu étant sûrement d'attendre de voir une voiture pour se lever du milieu.
Heureusement que la rue n'est pas trop passante....
A mon approche le jeu a déjà cessé (les mères ont fini par réagir), les petites grimpent sur tout ce qui le permet... puis les mères sonnent le rassemblement pour rejoindre leurs voitures respectives, et c'est là que me voilà, sur le trottoir en face.
Princessedufoyer me fait coucou, et sa mère m'ignore: rien de nouveau sous le soleil.
Vrillekibrille saute dans la voiture, sa mère me hèle: idem. Donc il faut converser.
Pour les gens qui ne connaissent pas ma classe infernale de l'an passé voir, via ce post, les histoires respectives des minot-e-s.
J'apprends donc que Vrillekibrille fait ses étincelles habituelles: tout va bien côté résultats scolaires, e tje traduis les propos de la mère en 'faut se la farcir' niveau comportement, elle est toujours aussi agitée, quoi, d'ailleurs durant notre conversation, la petite aura couru toute la rue dnas les 2 sens, décapité un iris de chez nous pour l'offrir à sa mère (grmbl, je lui ai expliqué les choses, mais bon...) grimpé sur le capot de la voiture et tenté le toit, randonné autour du portail de l'école..ouf.. rien qu'à la regarder, c'est toujours aussi épuisant.
Les relations avec le père sont devenues délicates, comme dans bien des séparations, monsieur clame à tous échos qu'il veut voir sa fille, mais ne met rien en place de cohérent à cet égard...banal quoi...
Et j'apprends incidemment que Bébécygne et Grosbourrin ont pas mal de difficultés: "s'intégrer c'est dur voyez.. mais ej crois que ce sont les mères qui..." me dit-elle, ingénuement.."surtout Mamandebébécygne, elle ne fait pas d'effort pour que son fils soit bien à l'école et elle même, elle ne s'intègre pas.. et Mamandegrosbourrin, elle a du mal, hein, ca va pas trop Ggrosbourrin...".
Je ne sais pas ce qu'elle met sous le verbe "intégrer" mais je revois le film des difficiles conversations avec ces mères, mes deux boulettes, et notamment, celui de la fin d'année, quand elles sont venues me reprocher d'avoir porté sur le livret d'éval mes conclusions pas franchement laudatives à l'égard de leurs fils respectifs...
Comme quoi, elles n'avaient rien compris... à quoi bon avoir passé tant d'heures à essayer de leur expliquer la vie....je me trouve bien bonne rétrospectivement, tiens.
Comme souvent, pour ce genre de parents, les discours tenus en préélem passent pour inutilement alarmistes, parce que c'est pas une *vraie* école vous comprenez...c'est l'instit qui se plante...
Enfin, d'avoir passé cette dizaine de minutes avec la prolixe Mamandevrillekibrille m'a replongée dans l'atmosphère très curieuse de cette année scolaire où une bonne partie du boulot pour moi était de gérer les parents et de discipliner les minot-e-s... les apprentissages, c'était quand je pouvais, quasiment.
Bon dieu, une classe comme ça, plus jamais, par pitié, ô déesse du Mammouth...
J'ai eu du bol jusque là, mais bon.
Cette fois, l'heure est passée de la sortie mais il y a toujours des gens pour trainer devant les écoles, c'est une constante.
Et en l'occurrence cette fois je vois, de loin, Princessedufoyer et Vrillekibrille assises au beau milieu de la chaussée, leurs mères respectives papotant non loin, sur le trottoir.
Le jeu étant sûrement d'attendre de voir une voiture pour se lever du milieu.
Heureusement que la rue n'est pas trop passante....
A mon approche le jeu a déjà cessé (les mères ont fini par réagir), les petites grimpent sur tout ce qui le permet... puis les mères sonnent le rassemblement pour rejoindre leurs voitures respectives, et c'est là que me voilà, sur le trottoir en face.
Princessedufoyer me fait coucou, et sa mère m'ignore: rien de nouveau sous le soleil.
Vrillekibrille saute dans la voiture, sa mère me hèle: idem. Donc il faut converser.
Pour les gens qui ne connaissent pas ma classe infernale de l'an passé voir, via ce post, les histoires respectives des minot-e-s.
J'apprends donc que Vrillekibrille fait ses étincelles habituelles: tout va bien côté résultats scolaires, e tje traduis les propos de la mère en 'faut se la farcir' niveau comportement, elle est toujours aussi agitée, quoi, d'ailleurs durant notre conversation, la petite aura couru toute la rue dnas les 2 sens, décapité un iris de chez nous pour l'offrir à sa mère (grmbl, je lui ai expliqué les choses, mais bon...) grimpé sur le capot de la voiture et tenté le toit, randonné autour du portail de l'école..ouf.. rien qu'à la regarder, c'est toujours aussi épuisant.
Les relations avec le père sont devenues délicates, comme dans bien des séparations, monsieur clame à tous échos qu'il veut voir sa fille, mais ne met rien en place de cohérent à cet égard...banal quoi...
Et j'apprends incidemment que Bébécygne et Grosbourrin ont pas mal de difficultés: "s'intégrer c'est dur voyez.. mais ej crois que ce sont les mères qui..." me dit-elle, ingénuement.."surtout Mamandebébécygne, elle ne fait pas d'effort pour que son fils soit bien à l'école et elle même, elle ne s'intègre pas.. et Mamandegrosbourrin, elle a du mal, hein, ca va pas trop Ggrosbourrin...".
Je ne sais pas ce qu'elle met sous le verbe "intégrer" mais je revois le film des difficiles conversations avec ces mères, mes deux boulettes, et notamment, celui de la fin d'année, quand elles sont venues me reprocher d'avoir porté sur le livret d'éval mes conclusions pas franchement laudatives à l'égard de leurs fils respectifs...
Comme quoi, elles n'avaient rien compris... à quoi bon avoir passé tant d'heures à essayer de leur expliquer la vie....je me trouve bien bonne rétrospectivement, tiens.
Comme souvent, pour ce genre de parents, les discours tenus en préélem passent pour inutilement alarmistes, parce que c'est pas une *vraie* école vous comprenez...c'est l'instit qui se plante...
Enfin, d'avoir passé cette dizaine de minutes avec la prolixe Mamandevrillekibrille m'a replongée dans l'atmosphère très curieuse de cette année scolaire où une bonne partie du boulot pour moi était de gérer les parents et de discipliner les minot-e-s... les apprentissages, c'était quand je pouvais, quasiment.
Bon dieu, une classe comme ça, plus jamais, par pitié, ô déesse du Mammouth...
par Maybe
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L'écorce du boulot
Causons bulles.
Ha non pas bédé, désolée.
Bulles dans l'eau.
Poissons sans nageoire et autres pseudo-amphibiens abonnés au chlore.
J'ai râlé contre les piscines lààà
Mais bon, faut bien que j'y retourne et pour un bon moment.
Mais pas forcément de bons moments.Et pourtant, j' aime tellement nager.
Bon alors on m'a dit (c'est bateau) :30 mn mini sans s'arrêter, après, c'est comme vous pouvez.
Bien. D'accord. Heu.
J'y vais donc à l'ouverture, histoire d'avoir vaguement (haha) le sentiment que l'espace liquide reste à peu près libre, et hop à l'abordage d'une ligne.
Enfin, virtuelle la ligne.
Et en avant, on avance.
On est même plein à avancer.
Au bout d'un moment, après moults déviations pour éviter les crawleurs et dos crawleurs sans périscope, j'en ai un peu ma claque ...
J'avise une dame qui arrive à ma hauteur à petite brassées, après un gymkhana sur 50 mètres: c'est un peu le métro hein?Elle rit.
Ben oui. Un métro chloré.
Alors j'ai une propale: les doscrawleurs et euses: faites ça en convoi, comme sur les routes de scandinavie enneigées. C'est pas dur: j'ai essayé, suffit d'observer et de se discipliner un peu.
Partez à la queue-leu-leu une ligne dans un sens, et une en sens inverse, et ne déviez pas.
Pas compliqué de suivre un des éléments métalliques qui courent le long du plafond.
Pareil pour les crawleurs et euses.
Pas compliqué de suivre une des lignes mosaïquées au fond.
Ha ben oui faut se policer, et se contraindre a minima, m'enfin avec des convois de vitesses à peu près équivalentes, quoi, bêtement, ça va ...
Les brasseurs et sseuses, bon, c'est plus open: on y voit.(en principe!)
En tout état de cause, quand j'ai recommencé, j'ai cru qu'au bout d'une première longueur de brasse, je serai rouge comme un homard (à la nage, ça va de soi) et soufflante comme une forge, mais non.
La demi heure, à l'aise blaise, mais pas en crawl, elle est là, la barrière: 25 mètres max, mes épaules ne veulent rien savoir, je perds mon air.
Ouh c'teu honte. Bon ça va revenir.
Mais en attendant, c'est long la demi heure... en fait, je m'ennuie.
Je rêve de pouvoir mettre mon ipod sous le bonnet.
Non pas écouter de la zike, mais écouter carrément la radio, j'ai besoin qu'on me cause, ces temps ci.. posément, sans m'interpeller à la sauvage et en étant intéressant ( j'écoute surtout franceQ quoi), au moins le temps passe plus vite.
Un moment donné, la pomme vendait des étuis waterproof pour le bestiau, mais ce n'est plus le cas et ça coûtait un bras.
En attendant voilà, je m'ennuie en nageant.
Remarquez, une demi heure d'activité répétitive (en rééduc, notamment) m'ennuie aussi.
Et comme chez moi l'ennui est proche de l'irritation, avant de trucider un-e nageu-r-se dépourvu-e de vision, même pas panoramique, hein, juste centrale, ben je me sors et me sèche. Pourtant je sais que je pourrais en faire une deuxième, de demie heure. Mais bon, voilà quoi.
C'est pas comme ça que je vais passer de hippopotame à truie, certes, mais au moins, cœur aura fonctionné et pieds se remusclent en douceur.
En attendant, ça m'ennuie de m'ennuyer dans l'eau.
Peut-être est-ce dû au fait que j'en peux plus de de vivre que by myself depuis des mois et que donc ce qui est pour bien des gens un moment de détente n'est pour moi qu'une contrainte de plus.
Peut-être.
C'est sûr que ça n'aide pas, de passer son temps à buller...
Edit: tiens j'ai réussi à ne pas causer des bonnets en plastoc qui nous font des têtes de glands.
Remarquez, depuis que Joliekiné m'a raconté ses démos de nat'synchro, où les joulis cheveux tiennent grâce à des plâtrées (je n'exagère pas, c'est *beaucoup*) de gélatine pure, à ôter en restant des plombes sous la douche chaude chaude chaude, jusqu'à entendre splotch, tout à coup, je déteste moins les bonnets.
Ha non pas bédé, désolée.
Bulles dans l'eau.
Poissons sans nageoire et autres pseudo-amphibiens abonnés au chlore.
J'ai râlé contre les piscines lààà
Mais bon, faut bien que j'y retourne et pour un bon moment.
Mais pas forcément de bons moments.Et pourtant, j' aime tellement nager.
Bon alors on m'a dit (c'est bateau) :30 mn mini sans s'arrêter, après, c'est comme vous pouvez.
Bien. D'accord. Heu.
J'y vais donc à l'ouverture, histoire d'avoir vaguement (haha) le sentiment que l'espace liquide reste à peu près libre, et hop à l'abordage d'une ligne.
Enfin, virtuelle la ligne.
Et en avant, on avance.
On est même plein à avancer.
Au bout d'un moment, après moults déviations pour éviter les crawleurs et dos crawleurs sans périscope, j'en ai un peu ma claque ...
J'avise une dame qui arrive à ma hauteur à petite brassées, après un gymkhana sur 50 mètres: c'est un peu le métro hein?Elle rit.
Ben oui. Un métro chloré.
Alors j'ai une propale: les doscrawleurs et euses: faites ça en convoi, comme sur les routes de scandinavie enneigées. C'est pas dur: j'ai essayé, suffit d'observer et de se discipliner un peu.
Partez à la queue-leu-leu une ligne dans un sens, et une en sens inverse, et ne déviez pas.
Pas compliqué de suivre un des éléments métalliques qui courent le long du plafond.
Pareil pour les crawleurs et euses.
Pas compliqué de suivre une des lignes mosaïquées au fond.
Ha ben oui faut se policer, et se contraindre a minima, m'enfin avec des convois de vitesses à peu près équivalentes, quoi, bêtement, ça va ...
Les brasseurs et sseuses, bon, c'est plus open: on y voit.(en principe!)
En tout état de cause, quand j'ai recommencé, j'ai cru qu'au bout d'une première longueur de brasse, je serai rouge comme un homard (à la nage, ça va de soi) et soufflante comme une forge, mais non.
La demi heure, à l'aise blaise, mais pas en crawl, elle est là, la barrière: 25 mètres max, mes épaules ne veulent rien savoir, je perds mon air.
Ouh c'teu honte. Bon ça va revenir.
Mais en attendant, c'est long la demi heure... en fait, je m'ennuie.
Je rêve de pouvoir mettre mon ipod sous le bonnet.
Non pas écouter de la zike, mais écouter carrément la radio, j'ai besoin qu'on me cause, ces temps ci.. posément, sans m'interpeller à la sauvage et en étant intéressant ( j'écoute surtout franceQ quoi), au moins le temps passe plus vite.
Un moment donné, la pomme vendait des étuis waterproof pour le bestiau, mais ce n'est plus le cas et ça coûtait un bras.
En attendant voilà, je m'ennuie en nageant.
Remarquez, une demi heure d'activité répétitive (en rééduc, notamment) m'ennuie aussi.
Et comme chez moi l'ennui est proche de l'irritation, avant de trucider un-e nageu-r-se dépourvu-e de vision, même pas panoramique, hein, juste centrale, ben je me sors et me sèche. Pourtant je sais que je pourrais en faire une deuxième, de demie heure. Mais bon, voilà quoi.
C'est pas comme ça que je vais passer de hippopotame à truie, certes, mais au moins, cœur aura fonctionné et pieds se remusclent en douceur.
En attendant, ça m'ennuie de m'ennuyer dans l'eau.
Peut-être est-ce dû au fait que j'en peux plus de de vivre que by myself depuis des mois et que donc ce qui est pour bien des gens un moment de détente n'est pour moi qu'une contrainte de plus.
Peut-être.
C'est sûr que ça n'aide pas, de passer son temps à buller...
Edit: tiens j'ai réussi à ne pas causer des bonnets en plastoc qui nous font des têtes de glands.
Remarquez, depuis que Joliekiné m'a raconté ses démos de nat'synchro, où les joulis cheveux tiennent grâce à des plâtrées (je n'exagère pas, c'est *beaucoup*) de gélatine pure, à ôter en restant des plombes sous la douche chaude chaude chaude, jusqu'à entendre splotch, tout à coup, je déteste moins les bonnets.
par Maybe
publié dans :
Blouse bouse
Vous attendez un post?
Ben moi aussi.
Haha.
En fait, la moulinette, déjà pas bien loin des yeux ces derniers temps, commence à m'envahir le champ de vision.
Dans tout pile 15 jours je vais replonger dans la pédag'eau, et m'y asphyxier, comme de bien entendu.
D'ici là j'essaie d'être une *vraie gens* normale, d'autant plus que côté pieds, ça s'améliore vraiment (enfin! j'y croyais plus!).
Sauf que les vraies gens peuvent sortir balader et tout ça..
Je suis casanière, pour plein de (mauvaises?) raisons, mais là, la restriction entre 4 murs, c'est bon, j'ai bien soupé, ça frise l'indigestion, voyez.
Et donc, comme déjà dit j'ai lu plein de trucs (le 3 ème carton, quoi) en vrac, B.Gour, A.Paasilinna, E.De Luca, N.Huston, M.HAUSHOFER (déjà évoquée là et que je vous re-recommande bouillamment **), P.Chamoiseau, puis je sais plus quoi, car je n'ai pas noté, et que j'oublie quand je fais pas l'effort de retenir, ce qui est un scandale ma bonne dame, car quel gâchis, mon bon monsieur,
et dont émerge cette claque ci:
"Le pays où l'on ne meurt jamais"
d'Ornela VORPSI
voir là ou là
Et préfacé comme suit:
"Je dédie ce livre au mot humilité, qui est absent du lexique albanais. Une telle absence peut donner lieu à des phénomènes très curieux dans la destinée d’un peuple."
Où les filles et femmes non laides sont d'abord des putes (sic).
Le moment où la narratrice raconte que c'était seulement quand elle tombait malade qu'elle était traitée en enfant (le reste du temps en future 'pute' parce que jolie) m'a sonnée.
Edit: je précise que dans l'acceptation des gens décrits par le bouquin, la 'putinerie' (sic) est une insulte - en être seulement soupçonnée (et le soupçon se base simplement sur l'apparence physique) génère le plus profond mépris. Il va de soi que je ne me place pas dans cette ligne de pensée.
Adage albanais : “Vis, que je te haïsse. Meurs que je te pleure.”
Il ouvre des perspectives....du côté de la construction des rapports sociaux, comme de celui des structures psychiques. Et réciproquement.
Asinus Asinum fricat...
(non c'est pas une fricassée d'équidés.)
Ben moi aussi.
Haha.
En fait, la moulinette, déjà pas bien loin des yeux ces derniers temps, commence à m'envahir le champ de vision.
Dans tout pile 15 jours je vais replonger dans la pédag'eau, et m'y asphyxier, comme de bien entendu.
D'ici là j'essaie d'être une *vraie gens* normale, d'autant plus que côté pieds, ça s'améliore vraiment (enfin! j'y croyais plus!).
Sauf que les vraies gens peuvent sortir balader et tout ça..
Je suis casanière, pour plein de (mauvaises?) raisons, mais là, la restriction entre 4 murs, c'est bon, j'ai bien soupé, ça frise l'indigestion, voyez.
Et donc, comme déjà dit j'ai lu plein de trucs (le 3 ème carton, quoi) en vrac, B.Gour, A.Paasilinna, E.De Luca, N.Huston, M.HAUSHOFER (déjà évoquée là et que je vous re-recommande bouillamment **), P.Chamoiseau, puis je sais plus quoi, car je n'ai pas noté, et que j'oublie quand je fais pas l'effort de retenir, ce qui est un scandale ma bonne dame, car quel gâchis, mon bon monsieur,
et dont émerge cette claque ci:
"Le pays où l'on ne meurt jamais"
d'Ornela VORPSI
voir là ou là
Et préfacé comme suit:
"Je dédie ce livre au mot humilité, qui est absent du lexique albanais. Une telle absence peut donner lieu à des phénomènes très curieux dans la destinée d’un peuple."
Où les filles et femmes non laides sont d'abord des putes (sic).
Le moment où la narratrice raconte que c'était seulement quand elle tombait malade qu'elle était traitée en enfant (le reste du temps en future 'pute' parce que jolie) m'a sonnée.
Edit: je précise que dans l'acceptation des gens décrits par le bouquin, la 'putinerie' (sic) est une insulte - en être seulement soupçonnée (et le soupçon se base simplement sur l'apparence physique) génère le plus profond mépris. Il va de soi que je ne me place pas dans cette ligne de pensée.
Adage albanais : “Vis, que je te haïsse. Meurs que je te pleure.”
Il ouvre des perspectives....du côté de la construction des rapports sociaux, comme de celui des structures psychiques. Et réciproquement.
Asinus Asinum fricat...
(non c'est pas une fricassée d'équidés.)
par Maybe
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Page à page
Attention: post miévro-bestial.
Comme vous avez pu constater je ne suis pas très chien.
Pour mille raisons et une, mais c'est la bonne: je préfère les chats.
C'est comme la bandaison, ça ne se commande pas.
Prenons la chose par le début.
Le premier bestiau domestique que j'aie eu, à part mes parents, fut un poisson rouge.
Je me ressens (ben oui, je ne me 'vois' pas de l'extérieur en train d'agir, je le re-sens en train de le faire) je me ressens donc, mon petit sachet plastique plein d'eau à la main, regarder le petit solitaire orangé que nous ramenions à la maison.
C'était avant la naissance de Maybefrérot, j'avais donc moins de 3 ans. Arcachon et Massy.
Il n'a pas vécu longtemps, et de toute façon d'autres choses plus graves se sont ancrées dans ma mémoire au détriment de la sienne.
Qqes temps plus tard, dans la maison de bois/tôle/je-ne-sais-quoi d'Abidjan, un chat s'entremêlait aux jambes de ma mère aux heures des repas.
Il venait de nulle part et n'est guère resté et je le comprends: elle n'aime pas les chats, c'est trop indépendant ces bêtes là. Et puis d'autres bêtes faisaient primeur: gaffe aux serpents et varans du jardin.
Un an plus tard, lorsque j'ai passé cette année d'exil convalescent chez mes grands parents de Pau, alors que le reste de la famille était toujours en Afrique, la chatte de ma tante vivait avec nous: Miquette, une siamoise très imbue de ses privilèges, pas exactement de bonne composition, mais qui partit avec ma tante lorsqu'elle se maria. Ma tante. Pas sa chatte. Quoique. Ahem.
Restait le canari du cagibi, mais peu passionnant, car toujours en cage, pauvre petit emplumé.
Le temps passa.
Adolescente, lorsque Maybesenior entama une autre vie à deux, heu non, je ne raconterai pas cela, bref, elle avait un fils et un chat: Gatito.
Un vrai chat de garenne (ben quoi?) qui rôdait la nuit dans les champs de ce village du sud ouest et revenait dormir aux petites heures de l'aube.
Je l'apprivoisai assez pourqu'il choisisse de finir ses nuit sur le coin en bas à gauche de mon grand lit.
J'allais ouvrir le vantail du rez-de-chaussée de la maison (si je ne le refermais aps avant le réveil des adultes, je me faisais enguirlander), il passait entre les barres de fer.
J'étais très fière qu'il choisisse ma chambre pour dormir: c'était un vrai chat pas si domestique que ça, qui savait ôter les arêtes du poisson qu'on lui cuisait et vivait sa vie dans la campagne alentour.
Cette vie là dura 3 ou 4 mois. Et drame et déménagement, j'ai bien plus regretté Gatito que les personnes que nous quittions.
Comme quoi, on s'endurcit sur les départs/abandons...
Longtemps plus tard, lorsque Exdemaybe fut vraiment ex, et Maybejunior et moi prêts à accueillir un chat, une bête de concours que me donna Copined'EN, laquelle montait une chatterie, nous fit l'insigne honneur d'agrémenter notre quotidien.
Je précise que je n'aurais pas accueilli de bestiole at home s'il n'y avait pas eu la possibilité de les laisser vaquer à leurs mystérieuses mais importantes occupations dans un minimum d'espace protégé et de verdure.
C'était un oriental ebony, cad un siamois complètement tout noir, de ligne superbe et de voix.. superbe aussi.
Son jeu favori c'était le foute avec des paquets de klinesques (remplis) à faire glisser/valdinguer sur le sol. Fallait le lui renvoyer à temps sinon on se récoltait à pleine brassée de l'insulte féline que rigoureusement ma mère m'a défendu de citer ici.
Esperrou de la Grange de je-sais-plus-quoi à rallonge, il se nommait (j'avais pas choisi!).
Ben oui, fallait qu'il passe des concours.
Sauf que s'étant habitué à moi, il ne supporta pas d'être manipulé par son ancienne maîtresse ma copine, et à son premier concours, elle me le ramena piteuse et griffée....finis les concours pour lui, dommage il avait de vraies qualités parait-il, mais de toute façon, ça m'était bien égal.
Je le laissais sortir, allant lui ouvrir/fermer la porte de l'immeuble en bordure de pinède où nous habitions.
Un soir Esperrou ne revint pas, un chat noir de si belle race....
Alors, par connaissances interposées, j'allai chercher une chatte de 14 mois dans une maison cossue XVIII° du centre ville: le fils toujours en voyage ne voulait plus s'en occuper.
Nommée par eux Lola (yurk), vite transformé par nous en Loloushka (pas mieux), une magnifique tabby croisée persan: la couleur du tabby, le poil long fabuleux du persan, un museau précieusement dessiné des yeux d'un vert iridescent bordés de noir... et une vraie tigresse: j'étais la seule à pouvoir la toucher, et un peu moins Maybejunior.
J'appris ensuite que le gars chez qui elle habitait avant y était allé par coups de pied.. alors forcément...
Elle terrorisait même le chien qui habitait l'immeuble où nous sommes maintenant, parfois même, elle se cachait derrière un obstacle quelconque pour lui sauter dessus alors qu'il levait la patte pour se soulager...
Ma tigresse :-) (telle chat, telle maitresse?)
Elle aussi jouait au klinesques. Et aussi au sopalin: si nous la laissions seule trop longtemps dans l'appart, elle déchiquetait un rouleau entier. Une foultitude de confetti blancs et une chatte rageuse mais digne (tu me l'ouvres, c'te lourde, oui?) nous attendait. Elle bouffait nos yaourts, comme Esperrou, et toute chose laitière d'ailleurs.
Elle avait ses moments de folaïe: comme tous les chats que j'ai connus, et les enfants jeunes, aussi, vient une heure dans la journée où se dégourdir les pattes devient une frénésie qui les emporte et leur fait traverser les apparts à fond de train et en sautant sur tout ce qui ne bouge pas, version cabri.
La table du salon était collée à la grande baie vitrée ... fermée.
Ce qui devait arriver ne se fit pas prier: Loloushka sauta sur la table, dans l'élan glissa sus, et bling se prit la vitre. Ca calme.
Un jour stupide, un jour de stupidité, une stupide journée, j'ai décidé d'emmener Lolouska avec nous dans les Cévennes où je devais faire camping/adositter de Maybejunior et son copain. Histoire qu'il ait des vacances, junior.
Je voulais montrer Le Puy en Velay aux djeunz: justement, Lolouska advint et s'intalla pour dormir dans la caravane de retour de chasse, en ronronnant comme un samovar; redoutant la longueur de la journée, je commis l'erreur fatale en la sortant et déposant sur le perron, avant de démarrer l'auto... elle nous regarda partir.... et à notre retour en fin de journée (où je fus piquée par un bourdon crétin et dus me balader un moment, majeur bien rouge du bout en l'air, en demandant aux passants: z'auriez pas une cigarette ou un briquet?) ....adieu jolie chatte..plus jamais revue.Nous l'avons cherchée pourtant.
Ses talents de chasseresse lui valurent sans doutes qqes belles années encore dans la campagne de là-bas.
Je m'en suis bcp voulu de l'avoir sortie de sa planquette de sieste, mais j'avais peur qu'elle ne dégrade la caravane qu'on me prêtait...
Alors...sont venues à nous Chat1 et Chat2, sœurs d'une même portée tabby que Maybejunior et moi sommes allés voir lorsqu'elles étaient tout bébées chez une dame qui devint une amie, et, par la suite et par le hasard des changements de postes, la grand-mère d'une de mes élèves (Agrumette)
Je n'en voulais qu'une des deux, mais comme le 3ème bébéchat partait et que Chat2 ne trouvait pas preneur...
Voilà comment on se fait avoir.
Ha ben faut dire les choses hein: on va voir des bébéschats, pleins de sagesse et de droiture, avec des plans bien carrés dans la tête et la certitude de savoir ce qu'on veut, du babil d'humain, quoi, et paff, on se retrouve à bader deux bébés chats au lieu d'un, surtout parce que le fils à côté, dans cette période un peu pas gaie pour lui et moi, avait un visage tellement attendri que ç'eut été un crève-cœur que de ne pas se laisser avoir par les yeux de Chat2. (rationnalisons.. :-))
Depuis, Chat1, balèze et grise, s'est surtout approprié le jeune et filiforme Maybejunior,
et Chat2, fine fennec colle avec persévérance une Maybe racornie et pneumatique.
Comme quoi, qui se ressemble ne s'assemble pas.
Elles détestent les laitages, l'une aime les haricots verts et le chocolat, l'autre les crêpes. Elles fonctionnent, chassent, jouent et se font cocooner chacune à leur façon car elles ont des caractères bien différents.
Et elles nous aident sûrement à vivre. Les animaux ont bien du mérite à supporter les humains, leurs pompes (y compris celles qui couvrent leurs pieds) leurs œuvres (mouais..) etc.
(le post risque de virer misanthrope, alors j'arrête là).
Donc:
Et vous, vos rencontres avec les bêtes?
Vous avez des relations chez les z'animosses? Domestiques ou pas?
Comme vous avez pu constater je ne suis pas très chien.
Pour mille raisons et une, mais c'est la bonne: je préfère les chats.
C'est comme la bandaison, ça ne se commande pas.
Prenons la chose par le début.
Le premier bestiau domestique que j'aie eu, à part mes parents, fut un poisson rouge.
Je me ressens (ben oui, je ne me 'vois' pas de l'extérieur en train d'agir, je le re-sens en train de le faire) je me ressens donc, mon petit sachet plastique plein d'eau à la main, regarder le petit solitaire orangé que nous ramenions à la maison.
C'était avant la naissance de Maybefrérot, j'avais donc moins de 3 ans. Arcachon et Massy.
Il n'a pas vécu longtemps, et de toute façon d'autres choses plus graves se sont ancrées dans ma mémoire au détriment de la sienne.
Qqes temps plus tard, dans la maison de bois/tôle/je-ne-sais-quoi d'Abidjan, un chat s'entremêlait aux jambes de ma mère aux heures des repas.
Il venait de nulle part et n'est guère resté et je le comprends: elle n'aime pas les chats, c'est trop indépendant ces bêtes là. Et puis d'autres bêtes faisaient primeur: gaffe aux serpents et varans du jardin.
Un an plus tard, lorsque j'ai passé cette année d'exil convalescent chez mes grands parents de Pau, alors que le reste de la famille était toujours en Afrique, la chatte de ma tante vivait avec nous: Miquette, une siamoise très imbue de ses privilèges, pas exactement de bonne composition, mais qui partit avec ma tante lorsqu'elle se maria. Ma tante. Pas sa chatte. Quoique. Ahem.
Restait le canari du cagibi, mais peu passionnant, car toujours en cage, pauvre petit emplumé.
Le temps passa.
Adolescente, lorsque Maybesenior entama une autre vie à deux, heu non, je ne raconterai pas cela, bref, elle avait un fils et un chat: Gatito.
Un vrai chat de garenne (ben quoi?) qui rôdait la nuit dans les champs de ce village du sud ouest et revenait dormir aux petites heures de l'aube.
Je l'apprivoisai assez pourqu'il choisisse de finir ses nuit sur le coin en bas à gauche de mon grand lit.
J'allais ouvrir le vantail du rez-de-chaussée de la maison (si je ne le refermais aps avant le réveil des adultes, je me faisais enguirlander), il passait entre les barres de fer.
J'étais très fière qu'il choisisse ma chambre pour dormir: c'était un vrai chat pas si domestique que ça, qui savait ôter les arêtes du poisson qu'on lui cuisait et vivait sa vie dans la campagne alentour.
Cette vie là dura 3 ou 4 mois. Et drame et déménagement, j'ai bien plus regretté Gatito que les personnes que nous quittions.
Comme quoi, on s'endurcit sur les départs/abandons...
Longtemps plus tard, lorsque Exdemaybe fut vraiment ex, et Maybejunior et moi prêts à accueillir un chat, une bête de concours que me donna Copined'EN, laquelle montait une chatterie, nous fit l'insigne honneur d'agrémenter notre quotidien.
Je précise que je n'aurais pas accueilli de bestiole at home s'il n'y avait pas eu la possibilité de les laisser vaquer à leurs mystérieuses mais importantes occupations dans un minimum d'espace protégé et de verdure.
C'était un oriental ebony, cad un siamois complètement tout noir, de ligne superbe et de voix.. superbe aussi.
Son jeu favori c'était le foute avec des paquets de klinesques (remplis) à faire glisser/valdinguer sur le sol. Fallait le lui renvoyer à temps sinon on se récoltait à pleine brassée de l'insulte féline que rigoureusement ma mère m'a défendu de citer ici.
Esperrou de la Grange de je-sais-plus-quoi à rallonge, il se nommait (j'avais pas choisi!).
Ben oui, fallait qu'il passe des concours.
Sauf que s'étant habitué à moi, il ne supporta pas d'être manipulé par son ancienne maîtresse ma copine, et à son premier concours, elle me le ramena piteuse et griffée....finis les concours pour lui, dommage il avait de vraies qualités parait-il, mais de toute façon, ça m'était bien égal.
Je le laissais sortir, allant lui ouvrir/fermer la porte de l'immeuble en bordure de pinède où nous habitions.
Un soir Esperrou ne revint pas, un chat noir de si belle race....
Alors, par connaissances interposées, j'allai chercher une chatte de 14 mois dans une maison cossue XVIII° du centre ville: le fils toujours en voyage ne voulait plus s'en occuper.
Nommée par eux Lola (yurk), vite transformé par nous en Loloushka (pas mieux), une magnifique tabby croisée persan: la couleur du tabby, le poil long fabuleux du persan, un museau précieusement dessiné des yeux d'un vert iridescent bordés de noir... et une vraie tigresse: j'étais la seule à pouvoir la toucher, et un peu moins Maybejunior.
J'appris ensuite que le gars chez qui elle habitait avant y était allé par coups de pied.. alors forcément...
Elle terrorisait même le chien qui habitait l'immeuble où nous sommes maintenant, parfois même, elle se cachait derrière un obstacle quelconque pour lui sauter dessus alors qu'il levait la patte pour se soulager...
Ma tigresse :-) (telle chat, telle maitresse?)
Elle aussi jouait au klinesques. Et aussi au sopalin: si nous la laissions seule trop longtemps dans l'appart, elle déchiquetait un rouleau entier. Une foultitude de confetti blancs et une chatte rageuse mais digne (tu me l'ouvres, c'te lourde, oui?) nous attendait. Elle bouffait nos yaourts, comme Esperrou, et toute chose laitière d'ailleurs.
Elle avait ses moments de folaïe: comme tous les chats que j'ai connus, et les enfants jeunes, aussi, vient une heure dans la journée où se dégourdir les pattes devient une frénésie qui les emporte et leur fait traverser les apparts à fond de train et en sautant sur tout ce qui ne bouge pas, version cabri.
La table du salon était collée à la grande baie vitrée ... fermée.
Ce qui devait arriver ne se fit pas prier: Loloushka sauta sur la table, dans l'élan glissa sus, et bling se prit la vitre. Ca calme.
Un jour stupide, un jour de stupidité, une stupide journée, j'ai décidé d'emmener Lolouska avec nous dans les Cévennes où je devais faire camping/adositter de Maybejunior et son copain. Histoire qu'il ait des vacances, junior.
Je voulais montrer Le Puy en Velay aux djeunz: justement, Lolouska advint et s'intalla pour dormir dans la caravane de retour de chasse, en ronronnant comme un samovar; redoutant la longueur de la journée, je commis l'erreur fatale en la sortant et déposant sur le perron, avant de démarrer l'auto... elle nous regarda partir.... et à notre retour en fin de journée (où je fus piquée par un bourdon crétin et dus me balader un moment, majeur bien rouge du bout en l'air, en demandant aux passants: z'auriez pas une cigarette ou un briquet?) ....adieu jolie chatte..plus jamais revue.Nous l'avons cherchée pourtant.
Ses talents de chasseresse lui valurent sans doutes qqes belles années encore dans la campagne de là-bas.
Je m'en suis bcp voulu de l'avoir sortie de sa planquette de sieste, mais j'avais peur qu'elle ne dégrade la caravane qu'on me prêtait...
Alors...sont venues à nous Chat1 et Chat2, sœurs d'une même portée tabby que Maybejunior et moi sommes allés voir lorsqu'elles étaient tout bébées chez une dame qui devint une amie, et, par la suite et par le hasard des changements de postes, la grand-mère d'une de mes élèves (Agrumette)
Je n'en voulais qu'une des deux, mais comme le 3ème bébéchat partait et que Chat2 ne trouvait pas preneur...
Voilà comment on se fait avoir.
Ha ben faut dire les choses hein: on va voir des bébéschats, pleins de sagesse et de droiture, avec des plans bien carrés dans la tête et la certitude de savoir ce qu'on veut, du babil d'humain, quoi, et paff, on se retrouve à bader deux bébés chats au lieu d'un, surtout parce que le fils à côté, dans cette période un peu pas gaie pour lui et moi, avait un visage tellement attendri que ç'eut été un crève-cœur que de ne pas se laisser avoir par les yeux de Chat2. (rationnalisons.. :-))
Depuis, Chat1, balèze et grise, s'est surtout approprié le jeune et filiforme Maybejunior,
et Chat2, fine fennec colle avec persévérance une Maybe racornie et pneumatique.
Comme quoi, qui se ressemble ne s'assemble pas.
Elles détestent les laitages, l'une aime les haricots verts et le chocolat, l'autre les crêpes. Elles fonctionnent, chassent, jouent et se font cocooner chacune à leur façon car elles ont des caractères bien différents.
Et elles nous aident sûrement à vivre. Les animaux ont bien du mérite à supporter les humains, leurs pompes (y compris celles qui couvrent leurs pieds) leurs œuvres (mouais..) etc.
(le post risque de virer misanthrope, alors j'arrête là).
Donc:
Et vous, vos rencontres avec les bêtes?
Vous avez des relations chez les z'animosses? Domestiques ou pas?
par Maybe
publié dans :
Félineries et feulements
Quand chat2 avoir faim, elle toujours faire ainsi: me tapoter une cheville d'un revers de patte quand je déambule, histoire d'infléchir ma marche vers le saint des saints, la cuisine.
Et si vraiment je ne pige pas - les humains, c'est sot, à la base- elle ajoute, depuis qqes mois, la seconde patte et un petit miaulement indigné: elle vieillit!
Ben oui, c'était une silencieuse timide effacée qui causait avec ses yeux.
A maintenant bientôt 9 ans d'âge, elle devient bavarde, mais elle a une toute petite voix.
Miiiii, dit-elle.Voire Miiiio. Tout est dans le ton, en somme.
Donc elle me chope une cheville.
Sauf qu'il lui avait fallu réviser ses stratégies, ces temps derniers.
Maintenant, certes, j'ai retrouvé une marche bipède depuis ce temps là.
Et même, mes pieds ne sont plus dans les moonsandales, impressionnantes pour tout bestiau vivant à 20 cm du sol, j'admets, voire sont dans rien du tout.
Il n'empêche: au lieu de regarder ma mirifique personne (si, mirifique, voire magnifique, tiens) lorsque j'opère un déplacement, Chat2 regarde fixement mes pieds.
Déjà le regard d'un chat.... je connais des gens qui ne supportent pas.
Mais un chat qui fixe une partie précise, mais non essentielle pour sa survie à lui, de votre corps... ça fait tout étrange....
Et je me surprends à en faire de même:
seraient-ils devenus verts fluos?
un pompon rouge s'encastrerait sur chaque orteil?
émettraient-ils quelque son de grelot enroué?
risqueraient-ils de se désolidariser de mes jambes pour aller vivre leur vie ?
... ou bien, aurait-elle des vues anthropophages sur mes extrêmités?
Argh ....?
Pas touche mes pieds, vade retro, plus personne ne portera ne serait-ce qu'une phalange sur eux!
Mais les choses reprennent leurs cours...elle se remet à me choper une cheville: la faim prime sur la contemplation de mon étrangeté pédestre.
Ouf dites... il y a une certaine pérennité des comportements.
Et du miaulement, maintenant.
Pour me venger parfois (c'est pas beau de rire de qqun hein), je mets Chat1 ouChat2 devant ceci que vous connaissez sûrement.
Leur tête dans les premières secondes vaut bien une messe.
Allez, chuis pas chienne, v'la la traduc.
Et si vraiment je ne pige pas - les humains, c'est sot, à la base- elle ajoute, depuis qqes mois, la seconde patte et un petit miaulement indigné: elle vieillit!
Ben oui, c'était une silencieuse timide effacée qui causait avec ses yeux.
A maintenant bientôt 9 ans d'âge, elle devient bavarde, mais elle a une toute petite voix.
Miiiii, dit-elle.Voire Miiiio. Tout est dans le ton, en somme.
Donc elle me chope une cheville.
Sauf qu'il lui avait fallu réviser ses stratégies, ces temps derniers.
Maintenant, certes, j'ai retrouvé une marche bipède depuis ce temps là.
Et même, mes pieds ne sont plus dans les moonsandales, impressionnantes pour tout bestiau vivant à 20 cm du sol, j'admets, voire sont dans rien du tout.
Il n'empêche: au lieu de regarder ma mirifique personne (si, mirifique, voire magnifique, tiens) lorsque j'opère un déplacement, Chat2 regarde fixement mes pieds.
Déjà le regard d'un chat.... je connais des gens qui ne supportent pas.
Mais un chat qui fixe une partie précise, mais non essentielle pour sa survie à lui, de votre corps... ça fait tout étrange....
Et je me surprends à en faire de même:
seraient-ils devenus verts fluos?
un pompon rouge s'encastrerait sur chaque orteil?
émettraient-ils quelque son de grelot enroué?
risqueraient-ils de se désolidariser de mes jambes pour aller vivre leur vie ?
... ou bien, aurait-elle des vues anthropophages sur mes extrêmités?
Argh ....?
Pas touche mes pieds, vade retro, plus personne ne portera ne serait-ce qu'une phalange sur eux!
Mais les choses reprennent leurs cours...elle se remet à me choper une cheville: la faim prime sur la contemplation de mon étrangeté pédestre.
Ouf dites... il y a une certaine pérennité des comportements.
Et du miaulement, maintenant.
Pour me venger parfois (c'est pas beau de rire de qqun hein), je mets Chat1 ouChat2 devant ceci que vous connaissez sûrement.
Leur tête dans les premières secondes vaut bien une messe.
Allez, chuis pas chienne, v'la la traduc.
Bien, après cette brève incursion dans mon vrai monde perso à moi que j'ai, reprenons avec l'autre monde.
La 4ème dimension.
The other world.
The twilight zone.
The Home by the sea.
(Oups pardon, private joke.)
Donc oui, le monde ectoplasmique.
hahahahahahAHAHAHAHAHAHAHAAAAAA
(risque sarcastique, avec écho et/ou reverb, plizzz)
Le côté obscur de la force, bref:
l'école.
Car comme j'avais annoncé là j'y suis allée.
Car je fais ce que je dis, et je dis ce que je fais (OMG ça me rappelle qq'un...)
L'EE s'est bien passée, de toute façon, il ne s'agissait pas de demander un-e AVS.
En cours de réunion, en écoutant Mamandechuisbébé décrire l'emprise réciproque mère-enfant- dont elle n'a pas vraiment conscience-, nous avons pu, une des psys du Camsp en charge de son dossier, et moi, échanger nos vues sotto voce sur un diagnostic probable.
Et en effet, le retard psychomoteur est un élément important, mais l'idée de la structure psychotique paraît être un grand pôle dans le retard global (apprentissage mais aussi tout le reste) de l'enfant.
L'explication par la psychose infantile (ici) recouvrait, pour moi, et donc pour cette dame qui causait le même langage, cette structure là.
Mais bon...le savoir ne résoud pas grand chose: le cumul du retard psychomoteur et de l'emprise 'en bulle' de la structure psychique ne sera clairement pas résolu en classe, et pas en deux jours.... et le maintien en MS l'an prochain à mon avis ne suffira pas à rattraper le retard, l'enjeu est de faire en sorte qu'au mieux, il se réduise et qu'au pire il ne s'approfondisse pas...
Le retard psychomoteur, à l'étiologie non examinée pour le moment, ne peut faire qu'entretenir le phénomène psychique et réciproquement; et cela entraîne et entretient l'incapacité de se séparer de sa mère pour des besoins fondamentaux (manger, se laver, se vêtir...un indice qui parlera aux lectrices et teurs versés en psycha de l'enfant: la mastication des aliments est encore quasi impossible, les aliments qui lui sont donnés sont toujours majoritairement mous) et donc l'identité individuelle, séparée, de l'enfant ne se met pas en place.
La mère d'ailleurs se plaint que son gamin la sollicite de façon permanente, étonnez moi.
A noter: le père toujours en distance et non impliqué pour poser un tiers dans ce qui est encore la dyade.
Autant vous dire que les parents, qui prévoient une entrée dans une école primaire, spécialisée dans un domaine ,et de haut niveau, pour le CP, ne sont pas aux bout de leurs peines, mais les phases de prise de conscience et de déni sont encore bien trop amples dans leur sinusoïde pour envisager de le leur dire.
Du côté de Yeuxpétillants, tout va mieux.
L'enfant maintenant craint de perdre son père: en effet,Mamandeyeuxpétillants n'est plus en capacité de s'occuper de ses enfants, d'elle-même ce n'est pas sûr, et même si les petits la voient, Yeuxpétillants sent bien que l'adulte qu'elle est est 'perdue' .. mettez y ce que vous voulez: dans ses propres pbmes, perdue dans le monde en général, perdue affectivement, enfin une vraie dépression.
Mais globalement il avance bien: le but de l'EE était de bien spécifier par écrit que toutes les aides doivent rester en place.
On n'est jamais trop prudent...
A part ça, on est le premier mai, chuis douée, à causer boulot ce jour là...
Allez, bon muguet.
La 4ème dimension.
The other world.
The twilight zone.
The Home by the sea.
(Oups pardon, private joke.)
Donc oui, le monde ectoplasmique.
hahahahahahAHAHAHAHAHAHAHAAAAAA
(risque sarcastique, avec écho et/ou reverb, plizzz)
Le côté obscur de la force, bref:
l'école.
Car comme j'avais annoncé là j'y suis allée.
Car je fais ce que je dis, et je dis ce que je fais (OMG ça me rappelle qq'un...)
L'EE s'est bien passée, de toute façon, il ne s'agissait pas de demander un-e AVS.
En cours de réunion, en écoutant Mamandechuisbébé décrire l'emprise réciproque mère-enfant- dont elle n'a pas vraiment conscience-, nous avons pu, une des psys du Camsp en charge de son dossier, et moi, échanger nos vues sotto voce sur un diagnostic probable.
Et en effet, le retard psychomoteur est un élément important, mais l'idée de la structure psychotique paraît être un grand pôle dans le retard global (apprentissage mais aussi tout le reste) de l'enfant.
L'explication par la psychose infantile (ici) recouvrait, pour moi, et donc pour cette dame qui causait le même langage, cette structure là.
Mais bon...le savoir ne résoud pas grand chose: le cumul du retard psychomoteur et de l'emprise 'en bulle' de la structure psychique ne sera clairement pas résolu en classe, et pas en deux jours.... et le maintien en MS l'an prochain à mon avis ne suffira pas à rattraper le retard, l'enjeu est de faire en sorte qu'au mieux, il se réduise et qu'au pire il ne s'approfondisse pas...
Le retard psychomoteur, à l'étiologie non examinée pour le moment, ne peut faire qu'entretenir le phénomène psychique et réciproquement; et cela entraîne et entretient l'incapacité de se séparer de sa mère pour des besoins fondamentaux (manger, se laver, se vêtir...un indice qui parlera aux lectrices et teurs versés en psycha de l'enfant: la mastication des aliments est encore quasi impossible, les aliments qui lui sont donnés sont toujours majoritairement mous) et donc l'identité individuelle, séparée, de l'enfant ne se met pas en place.
La mère d'ailleurs se plaint que son gamin la sollicite de façon permanente, étonnez moi.
A noter: le père toujours en distance et non impliqué pour poser un tiers dans ce qui est encore la dyade.
Autant vous dire que les parents, qui prévoient une entrée dans une école primaire, spécialisée dans un domaine ,et de haut niveau, pour le CP, ne sont pas aux bout de leurs peines, mais les phases de prise de conscience et de déni sont encore bien trop amples dans leur sinusoïde pour envisager de le leur dire.
Du côté de Yeuxpétillants, tout va mieux.
L'enfant maintenant craint de perdre son père: en effet,Mamandeyeuxpétillants n'est plus en capacité de s'occuper de ses enfants, d'elle-même ce n'est pas sûr, et même si les petits la voient, Yeuxpétillants sent bien que l'adulte qu'elle est est 'perdue' .. mettez y ce que vous voulez: dans ses propres pbmes, perdue dans le monde en général, perdue affectivement, enfin une vraie dépression.
Mais globalement il avance bien: le but de l'EE était de bien spécifier par écrit que toutes les aides doivent rester en place.
On n'est jamais trop prudent...
A part ça, on est le premier mai, chuis douée, à causer boulot ce jour là...
Allez, bon muguet.
par Maybe
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L'écorce du boulot
Elle marche dans une grande maison lumineuse, claire, ouverte au soleil.
Les objets sont aussi harmonieusement disposés que son corps est svelte et ondoyant.
Rien ne la prend au dépourvu: elle tient salon, manie l’art de la conversation, du pinceau et de la plume. Mais ni le plumeau ni les casseroles.
Non.
Elle est assise devant des grimoires aux écritures lointaines, elle sait les mots inconnus, elle sait les agencer pour dire et taire. Elle devine les destins. Elle peut les influencer. Détester et aider. Et on vient. Les incantations passent dans ses gestes.La puissance.
Elle peut faire et défaire des actes, des amours et des pensées.
Elle manie la très ancienne magie. Noire. Blanche.
Et rouge.
Un jour, elle sait qu'elle ne doit plus détester.Quelque chose s'abolit, enfin.
Non.
Elle a râclé dans son ventre, douleurs raides et meutrissures rouges, tant de fois; elle a dû aider d'autres à pelleter au dedans. Elle hurlé ses spasmes tant de fois et vu tant d'enfants vagir. Elle fait semblant de les aimer. Et surtout, elle a dû ne s'occuper que d'eux. Alors elle a souvent râclé.
La terreur d'une autre fois régit sa vie.
Jamais plus.Jamais rien dans son ventre. Soulagement.
Non.
Elle condamne sa sœur. Loi.
Un grand honneur qu'on lui fait: elle doit la tuer elle-même. Loi.
C'est à sa robe de haut dignitaire qu'elle le doit.
Elle lève son tranchant, elle n'a pas le choix.
Sa sœur meurt en la remerciant de le faire, et en lui pardonnant d'avoir à respecter la loi.
Elle fait respecter le livre. Foi.
Elle égorge les agneaux. C'est un grand honneur et c'est sa tâche. Foi.
C'est à sa robe de prêtre qu'elle le doit.
Les agneaux meurent et leurs yeux s'éteignent dans des gargouillis étonnés.
Elle a été respectée pour sa rigueur et pour avoir suscité la peur qu'engendre la loi.
Foi et loi. Les foies et les oies. Basse, très basse cour. Fuir, vite.
Non.
Elle s'est trompée, ce n'était pas sa faute: cette médication était réputée pourtant.
Alors la mère endeuillée colporte.
Elle aurait fait exprès, elle aurait voulu la mort de l'enfant, elle aurait fait en sorte. Ce n'était pas sa faute. Elle se reproche l'erreur, elle se sent coupable déjà sans qu'on lui dise rien, elle aurait dû savoir que faire.
La mère colporte.Ce n'était pas sa faute. La mère colporte.
Dans le village, on se divise.
La mère colporte.Ses mots rongent et prennent corps.
Prennent son corps à elle. Elle se pend par le col.
Se souviendra longtemps de l'étouffement.
Derrière la porte.
Non.
Elle doit toujours poser à porter de sa main ce qui lui est le plus précieux. Ce fut un pécule de vieil homme certain de ses choix. C'est un collier de poupée, une mouchoir brodé, une bague de fer-blanc d'enfant.
Ce doit être facile à porter et à cacher: quand on fuit, il ne faut pas être encombrée.
Souvent elle rechoisit ce qui est précieux. Le reste n'a pas d'importance. Le reste on s'en passe, on l'oublie, le reste sera déchet pour ceux qui le trouveront. Et cette fois, elle fuira sans être attrapée.
Elle ne sera pas affligée d'une incompréhensible infâmie, de savoir que son peuple, son pays, c'est sa peau, et que sa peau ne vaut rien pour eux. Cette fois elle ne perdra pas toute dignité en geignant de faim et de douleur. Elle n'attendra pas la mort sous les quolibets de ceux qui moquent ses jambes saignantes aux os par eux rompus. Elle ne mourra pas bouche bée comme un poisson osseux. Comme un reste. Comme des millions d'autre poissons. Une friture.
Cette fois, elle sauvera sa peau. Mais où ira t-elle, cette peau, pour continuer à vivre? N'importe. Ne pas penser.
Elle vérifie encore et encore ses petits objets précieux. Le reste, de toute façon, il faut toujours l'abandonner.
Le reste.
Non
Elle sait qu'on lui doit respect, obéissance, et hommage.
C'est comme ça. Elle tient un pays dans ses mains et prépare un bouleversement difficile, mais il faut tenter.
Son orgueil paraît sans limite. Mais il s'agit d'incarner la force et la puissance, cela requiert de ne pas s'incliner pour des détails.
Une fois elle réussit à mener à bien sa tâche. Donner la paix. Changer les symboles.Une grande sagesse et de la chance.
Une autre fois elle sombra dans la terreur qui fait des monarques trop accueillants aux sanglants conseils de courtisans. C'était difficile à éviter. Expier.
Non.
Elle s'assied au sortir de la cabane, sur la terre rouge. Sa mère reste dedans.
Sa mère qui la bat. Sans raison. Parce qu'elle est là. Petite en trop.
Elle la voit s'y préparer. Sa haine exsude dans son regard.
Devant ce trou noir qu'est la porte, un peu de lumière. Personne autour ne se soucie.
C'est ainsi.Sa mère frappe.C'est ainsi.
Sur la terre rouge, elle regarde ses pieds nus. Ses mains jouent de cette terre poussièreuse. Ses jambes osseuses se posent. La haine vient par derrière.
Elle fait le gros dos quand sa haine-mère la frappe sans une parole.Que dire.C'est sa mère.
Non.
Elle possède les très anciens savoirs, les étoiles et les kabbales. Elle est celle qui aide et guide. Elle devine. Elle l’a travaillé. Mais elle sait, c’est ainsi qu’elle est née. On vient la voir comme on approcherait un air plus vivifiant.
Elle est aussi ancienne que la terre et aussi jeune que les avenirs.
Elle donne des mots, elle propose les énigmes et leurs indices, chacun fera son chemin. Trop d’aide tue l’aide.
Non.
Elle prie et se mortifie comme l'enseignement et les ordres lui ont sont donnés. Elle obéit. Ses pas ne résonnent pas dans les couloirs froids, les dalles sous ses genoux ne portent aucune lumière, mais le choix ne lui appartient pas.
Les jours pareils aux jours.La mère supérieure est tout sauf mère, mais bien supérieure. Le fouet rend humble les cœurs non endurcis. Son cœur à elle l'est déjà, humilié. Alors elle cherche de la joie.Du rire. A donner. Devant l'autel immuable.
Non.
Elle est vêtue des peaux consacrées, elle porte les symboles car elle a appris à les manier.Il est de haute taille et porte sa main droite à son front. Elle est maintenant son égale après avoir été son élève. Elle sait les arbres, les signes des pierres, les animaux et les transes. Dans la lande venteuse, elle est maintenant le même recours que lui.
Elle sait la puissance de l'eau de la pierre et du vent. Et celle du feu qui les transforme. Elle continuera à apprendre.
Il lui faut transmettre.
Pour cela, elle reviendra.
Non.
Elle est si vamp qu’elle peut tuer d’un sourire tout homme qui passe à sa portée. Pour les rendre aussi petits que leurs désirs d’elle. Elle sait les regards, les gestes et les mots pour les affadir. Elle n’est pas à leur merci. D’ailleurs, elle se rit d’eux et de leur pitoyables efforts pour dominer. Elle les mène précisément là où elle veut aller et les pose là. Et elle rit. Elle la tient, sa vengeance. Aussi mesquine qu'eux peuvent l'être. Aussi ridicule.
Non.
Elle sait ce que pensent et éprouvent les autres avant même que cela ne les envahissent, elle le sait quand bien même eux ne pourraient savoir ce qui est en eux. Ainsi, elle est protégée. Bien sage. Elle peut attendre attendre attendre que sa vie change, que la chance vienne. Elle attend. Dans son cocon. L'aile attend. Attend toujours.
Non.
Elle est allongée, entravée, manipulée sur une table grossière. Elle couchée, eux debout.
Une danse macabre ricane autour d'elle, des yeux fous, des bouches baveuses, des mains outillées, sa douleur. Elle couchée, eux debout.
Leurs plaisirs minables, leurs soulagements ridicules, leurs mauvaisetés, sa terreur. Elle couchée, eux debout.
Leur pouvoir de faire mal, leur crainte de son corps, leur besoin de l'avilir, ses pleurs.
Qui les font rire. Elle ne crie plus.
Elle couchée, eux debout. Elle couchée, eux debout.
Et puis, elle a brûlé.
Non.
Elle est la mamie blanche et replète des contes, celle qui console, qui conte, qui comptera après sa mort.
Elle sait. Après une vie d’humilité et de pénombre, la lumière est en dedans d’elle.
Chèrement payée.
Elle montre des chemins, des chemins intérieurs. Le sien est encore à venir, derrière le passage apeurant, étouffant, le troisième pas. Lumineux enfin.
Non.
Elle a appris la très ancienne langue et elle cherche le savoir qui s'y trouve. Un jour, elle décrypte. Tout prend sens. Et elle a mené à terme le travail de celle qui fut une mère, il y a si longtemps, et qui voulait l'ignorer. Aux temps de cette écriture.
Une page est enfin tournée. Que faire à présent ?
Non.
Elle mêle les substances. Les odorantes. Les insipides. Les formules à bulles qui préservent.
Elle donne ce qui réparera les blessures. Les visibles, les invisibles. Fragrances et fumées soignent. Elle sait où les poser, comment les proposer. Les plantes ont chacune leur façon de nous aimer. Elle sait la lune et le soleil qui les animent. Elle rit de plaisir lorsqu’une cicatrice s’efface.
Non.
Elle dessine les corps et leurs voiles. La futilité qu'elle aime voir changer au gré des saisons. Elle compose des perfections pour des corps irréprochables. Elle harmonise les couleurs. Parfois les tissus s’agencent par ses mains. Elle fait d’une femme un elfe satiné. Une femme de papier. Elle finit par ne faire que peindre et dessiner la beauté et la futilité.
Non.
Elle calligraphie ses mots lorsqu’ils sont déjà posés en poème. C’est son exercice de paix, quand elle a écrit des vérités mouvantes et des possibles définitifs. On la lit. Elle se délie en délitant les logiques. Elle envole les tapis que sont les destins en liant leurs trames aux anciens cieux et leurs chaînes aux futures étoiles. Elle romance. Elle avance sur du papier. Elle sait que pour faire avancer les autres il faut leur romancer la vie.
Non.
Elle sentait ces chemins et voulait les préparer.
Elle ne savait pas encore qu'ils étaient déjà clos.
Elle fut aussi il, et c'était bien ainsi.
Il n'y avait rien à préparer ni à attendre.
Ce qui était derrière ne pouvait pas être devant, mais le masquait facilement.
Elle ne le savait pas encore.
Non.
Elle avait un petit corps en danger, elle a un plus grand corps de danger qui se déforme et se reforme, sans crier gare. Elle perd pied de la réalité. Des moments terrifiants où se regarde d’en haut, d’à-côté, d’ailleurs; elle n’est jamais là, mais on la voit quand même.
Pas d'échappatoire: tu as choisi la matière de ce monde-ci.
Elle s'incarne et sombre tous les jours, elle meurt toutes les nuits.
La folie la guette, sous son oreiller, à la table du dîner, au lever.
Elle s’accroche à ses tremblantes paniques, à l’air qui ne revient jamais, au corps qui s’affole:
tant qu’elle meurt, tant qu'elle se sent mourir, c’est encore de la vie.
Comment s'en protéger? Tu l'as choisie.
Non.
Si.
Les objets sont aussi harmonieusement disposés que son corps est svelte et ondoyant.
Rien ne la prend au dépourvu: elle tient salon, manie l’art de la conversation, du pinceau et de la plume. Mais ni le plumeau ni les casseroles.
Non.
Elle est assise devant des grimoires aux écritures lointaines, elle sait les mots inconnus, elle sait les agencer pour dire et taire. Elle devine les destins. Elle peut les influencer. Détester et aider. Et on vient. Les incantations passent dans ses gestes.La puissance.
Elle peut faire et défaire des actes, des amours et des pensées.
Elle manie la très ancienne magie. Noire. Blanche.
Et rouge.
Un jour, elle sait qu'elle ne doit plus détester.Quelque chose s'abolit, enfin.
Non.
Elle a râclé dans son ventre, douleurs raides et meutrissures rouges, tant de fois; elle a dû aider d'autres à pelleter au dedans. Elle hurlé ses spasmes tant de fois et vu tant d'enfants vagir. Elle fait semblant de les aimer. Et surtout, elle a dû ne s'occuper que d'eux. Alors elle a souvent râclé.
La terreur d'une autre fois régit sa vie.
Jamais plus.Jamais rien dans son ventre. Soulagement.
Non.
Elle condamne sa sœur. Loi.
Un grand honneur qu'on lui fait: elle doit la tuer elle-même. Loi.
C'est à sa robe de haut dignitaire qu'elle le doit.
Elle lève son tranchant, elle n'a pas le choix.
Sa sœur meurt en la remerciant de le faire, et en lui pardonnant d'avoir à respecter la loi.
Elle fait respecter le livre. Foi.
Elle égorge les agneaux. C'est un grand honneur et c'est sa tâche. Foi.
C'est à sa robe de prêtre qu'elle le doit.
Les agneaux meurent et leurs yeux s'éteignent dans des gargouillis étonnés.
Elle a été respectée pour sa rigueur et pour avoir suscité la peur qu'engendre la loi.
Foi et loi. Les foies et les oies. Basse, très basse cour. Fuir, vite.
Non.
Elle s'est trompée, ce n'était pas sa faute: cette médication était réputée pourtant.
Alors la mère endeuillée colporte.
Elle aurait fait exprès, elle aurait voulu la mort de l'enfant, elle aurait fait en sorte. Ce n'était pas sa faute. Elle se reproche l'erreur, elle se sent coupable déjà sans qu'on lui dise rien, elle aurait dû savoir que faire.
La mère colporte.Ce n'était pas sa faute. La mère colporte.
Dans le village, on se divise.
La mère colporte.Ses mots rongent et prennent corps.
Prennent son corps à elle. Elle se pend par le col.
Se souviendra longtemps de l'étouffement.
Derrière la porte.
Non.
Elle doit toujours poser à porter de sa main ce qui lui est le plus précieux. Ce fut un pécule de vieil homme certain de ses choix. C'est un collier de poupée, une mouchoir brodé, une bague de fer-blanc d'enfant.
Ce doit être facile à porter et à cacher: quand on fuit, il ne faut pas être encombrée.
Souvent elle rechoisit ce qui est précieux. Le reste n'a pas d'importance. Le reste on s'en passe, on l'oublie, le reste sera déchet pour ceux qui le trouveront. Et cette fois, elle fuira sans être attrapée.
Elle ne sera pas affligée d'une incompréhensible infâmie, de savoir que son peuple, son pays, c'est sa peau, et que sa peau ne vaut rien pour eux. Cette fois elle ne perdra pas toute dignité en geignant de faim et de douleur. Elle n'attendra pas la mort sous les quolibets de ceux qui moquent ses jambes saignantes aux os par eux rompus. Elle ne mourra pas bouche bée comme un poisson osseux. Comme un reste. Comme des millions d'autre poissons. Une friture.
Cette fois, elle sauvera sa peau. Mais où ira t-elle, cette peau, pour continuer à vivre? N'importe. Ne pas penser.
Elle vérifie encore et encore ses petits objets précieux. Le reste, de toute façon, il faut toujours l'abandonner.
Le reste.
Non
Elle sait qu'on lui doit respect, obéissance, et hommage.
C'est comme ça. Elle tient un pays dans ses mains et prépare un bouleversement difficile, mais il faut tenter.
Son orgueil paraît sans limite. Mais il s'agit d'incarner la force et la puissance, cela requiert de ne pas s'incliner pour des détails.
Une fois elle réussit à mener à bien sa tâche. Donner la paix. Changer les symboles.Une grande sagesse et de la chance.
Une autre fois elle sombra dans la terreur qui fait des monarques trop accueillants aux sanglants conseils de courtisans. C'était difficile à éviter. Expier.
Non.
Elle s'assied au sortir de la cabane, sur la terre rouge. Sa mère reste dedans.
Sa mère qui la bat. Sans raison. Parce qu'elle est là. Petite en trop.
Elle la voit s'y préparer. Sa haine exsude dans son regard.
Devant ce trou noir qu'est la porte, un peu de lumière. Personne autour ne se soucie.
C'est ainsi.Sa mère frappe.C'est ainsi.
Sur la terre rouge, elle regarde ses pieds nus. Ses mains jouent de cette terre poussièreuse. Ses jambes osseuses se posent. La haine vient par derrière.
Elle fait le gros dos quand sa haine-mère la frappe sans une parole.Que dire.C'est sa mère.
Non.
Elle possède les très anciens savoirs, les étoiles et les kabbales. Elle est celle qui aide et guide. Elle devine. Elle l’a travaillé. Mais elle sait, c’est ainsi qu’elle est née. On vient la voir comme on approcherait un air plus vivifiant.
Elle est aussi ancienne que la terre et aussi jeune que les avenirs.
Elle donne des mots, elle propose les énigmes et leurs indices, chacun fera son chemin. Trop d’aide tue l’aide.
Non.
Elle prie et se mortifie comme l'enseignement et les ordres lui ont sont donnés. Elle obéit. Ses pas ne résonnent pas dans les couloirs froids, les dalles sous ses genoux ne portent aucune lumière, mais le choix ne lui appartient pas.
Les jours pareils aux jours.La mère supérieure est tout sauf mère, mais bien supérieure. Le fouet rend humble les cœurs non endurcis. Son cœur à elle l'est déjà, humilié. Alors elle cherche de la joie.Du rire. A donner. Devant l'autel immuable.
Non.
Elle est vêtue des peaux consacrées, elle porte les symboles car elle a appris à les manier.Il est de haute taille et porte sa main droite à son front. Elle est maintenant son égale après avoir été son élève. Elle sait les arbres, les signes des pierres, les animaux et les transes. Dans la lande venteuse, elle est maintenant le même recours que lui.
Elle sait la puissance de l'eau de la pierre et du vent. Et celle du feu qui les transforme. Elle continuera à apprendre.
Il lui faut transmettre.
Pour cela, elle reviendra.
Non.
Elle est si vamp qu’elle peut tuer d’un sourire tout homme qui passe à sa portée. Pour les rendre aussi petits que leurs désirs d’elle. Elle sait les regards, les gestes et les mots pour les affadir. Elle n’est pas à leur merci. D’ailleurs, elle se rit d’eux et de leur pitoyables efforts pour dominer. Elle les mène précisément là où elle veut aller et les pose là. Et elle rit. Elle la tient, sa vengeance. Aussi mesquine qu'eux peuvent l'être. Aussi ridicule.
Non.
Elle sait ce que pensent et éprouvent les autres avant même que cela ne les envahissent, elle le sait quand bien même eux ne pourraient savoir ce qui est en eux. Ainsi, elle est protégée. Bien sage. Elle peut attendre attendre attendre que sa vie change, que la chance vienne. Elle attend. Dans son cocon. L'aile attend. Attend toujours.
Non.
Elle est allongée, entravée, manipulée sur une table grossière. Elle couchée, eux debout.
Une danse macabre ricane autour d'elle, des yeux fous, des bouches baveuses, des mains outillées, sa douleur. Elle couchée, eux debout.
Leurs plaisirs minables, leurs soulagements ridicules, leurs mauvaisetés, sa terreur. Elle couchée, eux debout.
Leur pouvoir de faire mal, leur crainte de son corps, leur besoin de l'avilir, ses pleurs.
Qui les font rire. Elle ne crie plus.
Elle couchée, eux debout. Elle couchée, eux debout.
Et puis, elle a brûlé.
Non.
Elle est la mamie blanche et replète des contes, celle qui console, qui conte, qui comptera après sa mort.
Elle sait. Après une vie d’humilité et de pénombre, la lumière est en dedans d’elle.
Chèrement payée.
Elle montre des chemins, des chemins intérieurs. Le sien est encore à venir, derrière le passage apeurant, étouffant, le troisième pas. Lumineux enfin.
Non.
Elle a appris la très ancienne langue et elle cherche le savoir qui s'y trouve. Un jour, elle décrypte. Tout prend sens. Et elle a mené à terme le travail de celle qui fut une mère, il y a si longtemps, et qui voulait l'ignorer. Aux temps de cette écriture.
Une page est enfin tournée. Que faire à présent ?
Non.
Elle mêle les substances. Les odorantes. Les insipides. Les formules à bulles qui préservent.
Elle donne ce qui réparera les blessures. Les visibles, les invisibles. Fragrances et fumées soignent. Elle sait où les poser, comment les proposer. Les plantes ont chacune leur façon de nous aimer. Elle sait la lune et le soleil qui les animent. Elle rit de plaisir lorsqu’une cicatrice s’efface.
Non.
Elle dessine les corps et leurs voiles. La futilité qu'elle aime voir changer au gré des saisons. Elle compose des perfections pour des corps irréprochables. Elle harmonise les couleurs. Parfois les tissus s’agencent par ses mains. Elle fait d’une femme un elfe satiné. Une femme de papier. Elle finit par ne faire que peindre et dessiner la beauté et la futilité.
Non.
Elle calligraphie ses mots lorsqu’ils sont déjà posés en poème. C’est son exercice de paix, quand elle a écrit des vérités mouvantes et des possibles définitifs. On la lit. Elle se délie en délitant les logiques. Elle envole les tapis que sont les destins en liant leurs trames aux anciens cieux et leurs chaînes aux futures étoiles. Elle romance. Elle avance sur du papier. Elle sait que pour faire avancer les autres il faut leur romancer la vie.
Non.
Elle sentait ces chemins et voulait les préparer.
Elle ne savait pas encore qu'ils étaient déjà clos.
Elle fut aussi il, et c'était bien ainsi.
Il n'y avait rien à préparer ni à attendre.
Ce qui était derrière ne pouvait pas être devant, mais le masquait facilement.
Elle ne le savait pas encore.
Non.
Elle avait un petit corps en danger, elle a un plus grand corps de danger qui se déforme et se reforme, sans crier gare. Elle perd pied de la réalité. Des moments terrifiants où se regarde d’en haut, d’à-côté, d’ailleurs; elle n’est jamais là, mais on la voit quand même.
Pas d'échappatoire: tu as choisi la matière de ce monde-ci.
Elle s'incarne et sombre tous les jours, elle meurt toutes les nuits.
La folie la guette, sous son oreiller, à la table du dîner, au lever.
Elle s’accroche à ses tremblantes paniques, à l’air qui ne revient jamais, au corps qui s’affole:
tant qu’elle meurt, tant qu'elle se sent mourir, c’est encore de la vie.
Comment s'en protéger? Tu l'as choisie.
Non.
Si.
par Maybe
publié dans :
Sous, à, de-venir




